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Par Liliane, Mars 2019

les Pénitents bleus

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Pénitent bleu de Toulouse (toujours actifs dans la région)

   En 1547, un groupe de confrères quittent les Pénitents blancs pour établir la confrérie des Pénitents bleus de Notre Dame de Pitié. Ils achètent un terrain dans l’enclos des Carmes et y construisent une chapelle.

 

Au XVIIème siècle, Avignon est gouvernée par des vice-légats qui n’y résident pas, le plus célèbre étant le cardinal Mazarin. Louis XIII en personne avait adhéré aux Pénitents bleus de Toulouse.

 

Un ouvrage de 1762 mentionne que Charles de Lorraine, cardinal et archevêque de Reims, qui en 1574 avait, en tant que membre des Pénitents bleus, participé pieds nus à la procession organisée sous une pluie glaciale par Henri III, « mourut d’un coup d’air après avoir porté la croix ».

 

Supprimée en 1744 à l'instigation des pénitents noirs de la Miséricorde, comme les violets et les rouges, la compagnie des pénitents bleus est rétablie deux ans plus tard mais ne perdure pas au-delà de la Révolution.

les Pénitents VIOLETS

   Au XVIIème siècle Avignon est soumis à l’autorité des Vice-légats, toutes les fonctions dévolues à des Italiens et les actes officiels rédigés en italien, alors que le peuple parle le provençal. L’arrogance des gouverneurs ajoutée aux abus de l'administration et aux lourdes impositions provoquent la « fronde avignonnaise ». Les pevoulins (vauriens) et les pessugaux (pressureurs) s'affrontent,  des barricades sont dressées dans Avignon, des hôtels pillés et incendiés. Un calme précaire ne revient qu’en 1659. C’est à la suite de ces troubles, en 1662, qu’une scission chez les Pénitents bleus provoque la création des Pénitents violets de la Sainte Famille. Elle s'installe dans un oratoire dédié à Saint Joseph, sur l’actuelle place du Grand-Paradis. Les façades de l'édifice sont refaites en 1740 sous la direction de Jean-Baptiste Péru père.

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Bien qu’ouvertes à toutes les catégories sociales, les confréries étaient souvent soumises aux influences des princes et des nobles. Les violets commencèrent à s’en affranchir.

 

Cependant, à l'instigation du recteur Manne des Pénitents noirs, grand savant et riche philanthrope mais aussi d’une ambition forcenée, la confrérie des Pénitents violets est supprimée en 1744, de même que les bleus et les rouges. Après des protestations véhémentes et une supplique de ces trois confréries, soutenues par les blancs, aux consuls de la ville à propos de l'interdiction de leur chapelle et de la séquestration de leurs biens, elle est rétablie en 1748 et se maintient jusqu'en 1792.

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La chapelle

 

Les façades de la chapelle des Pénitents violets sont inscrites au titre des Monuments historiques en 1966, mais elle est alors très délabrée. Depuis 2000, elle a été acquise et restaurée par la compagnie du Théâtre des Amants qui a conçu l’espace scénique et la salle pour accueillir des spectacles d’arts vivants.

 

Chapelle des Pénitents violets 

Théâtre des Amants

Place du Grand Paradis

les Pénitents rouges

   La  réaction des Pénitents violets contre la mainmise des grandes familles avignonnaises s’accentue avec la scission au sein de leur confrérie, donnant naissance à celle des Pénitents rouges de Notre-Dame de Consolation (ou de Réconciliation)  autorisée par une ordonnance de l'archevêque d'Avignon du 3 mars 1702. Ils recrutent leurs confrères parmi les résidents modestes du quartier des Infirmières.

 

En 1738, les Pénitents rouges commandent auprès de Thomas Lainé la façade de leur chapelle, située à l’angle des rues Carreterie et des Infirmières, face à la « Belle Croix » couverte, édifiée en commémoration de la fin du Grand Schisme. Il ne reste malheureusement rien de la Belle Croix d'origine, ni de la chapelle sinon un trompe-l’œil.

 

«Le 21 décembre jour de Saint Thomas, les Pénitents Rouges commencèrent leurs prières et leurs fonctions dans la chapelle qu'ils avaient fait bâtir vis-à-vis la Belle Croix à la Carreterie. Ils obtinrent de Monseigneur l'archevêque de quitter leurs habits rouges et de s'habiller de blanc avec un cordon rouge à la ceinture», note Laurent Drapier dans son journal.

 

Restés modestes en comparaison des autres confréries d'Avignon, les Pénitents rouges disparaissent en 1792. Le 15 janvier 1793, «vis-à-vis la ci-devant Belle Croix, on a pendu le roy et la reine en mannequin à la lanterne, en effigie».

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Pénitents rouges à Nice - 2016

Les femmes portent la mantille.

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