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Place du Change 

Vierge à l’enfant

1 - Place du Change

 

En 1351, la carreia Magnorum Camborium était la plus grande place d'Avignon, celle du Palais ayant été conçue seulement en 1404. 

 

Les plus anciens documents mettent-ils, pour la plupart, ce nom au pluriel:

Cambii majores, 1370, Platca Cambiorum, 1571, Place desChanges, 1548, 1561 et 1628.

 

 

 

2 - Anciennement de la Place de l’hôtel de ville à la rue Rouge ou des orfèvres -

De la rue Galante à la rue Rouge -

 

4 - A l'entrée de la rue Rappe, la maison d'angle présente, en réemploi, une frise de la Renaissance dont les métopes doriques portent des bucranes (Têtes décharnées de taureaux). Elle date de l'époque des duels, comme celui qui opposa en 1533 Pierre de Baroncelli au capitaine Flamenc. 

 

Au N° 16, demeura quelques Temps le sculpteur Jean Guillermin (1622-1699) qui en 1659 exécuta en deux mois, le fameux Christ d’ivoire de la Confrérie des Pénitents Noirs.

 

Francesco di Marco Datini 

 

En 1354, un toscan, né à Prato vers 1335, installe une maison de commerce en Avignon. Il s'appelait Francesco di Marco Datini. 

 

Lui et ses assistants se sont écrit environ 100.000 lettres qui sont conservées au «Ceppo dei Poveri» de Prato, où, par testament Datini les a fait grouper. Ces lettres ont été publiées dans leur partie qui concernent Avignon. Ce ne sont pas des chroniques, mais des lettres commerciales d'où surgissent ça et là des fragments d'actualité. Pendant la période du Grand Schisme, Datini et ses associés prennent le parti du pape de Rome. 

 

Nous savons qu‘il installa une première boutique en 1370 à la Loge des Cavaliers, à  l'angle de la Mirhalerie et de la Lancerie, soit à peu près à l‘angle de la place Puits des Bœufs et de la place de l'Horloge. Six ans plus tard, il change de lieu et crée une boutique neuve sur le Change, décorée de fleurs de lys jaune sur fond bleu. Il épouse en Avignon Margherita di Domenico Bandini , mais l‘évolution de la situation le fait partir d’Avignon le 8 décembre 1382 pour retourner à Prato. Il s'y fait construire un palais, fonde des comptoirs à Pise, Gênes, Valence, Barcelone, Majorque, et une banque à Florence. 

 

Les ventes d'armes sont particulièrement importantes lors des passages des Grandes Compagnies puis des bandes de malandrins, comme le dit cette lettre du 18 janvier 1385 : «Nous avons vendu tant d'armes, entre mailles, bassinets, harnais de jambe et gantelets, que cela monte à environ 600 florins d‘or de reine...». En décembre 1398, une lettre de Nicolaio di Bonaccorso parle de la guerre : «Ceux du palais sont gênés, à ce qu'on dit, et ressentent une grande disette ; il ne peut en être autrement.Ils ont eu une centaine de morts, dont 20 de coups d‘arbalêtes : le gros mangonneau en a tué 9 à la fois. Le reste est mort de peste et de famine. 

 

Il meurt ici beaucoup de gens, des meilleurs et des plus riches. Il circule aujourd'hui une maladie qu'on ne connaissait pas et à laquelle on ne sait pas apporter de remède. Pensez donc, celui qui se couche malade avec la fièvre est expédié en quatre jours. Il lui vient une tumeur interne qui se rompt et il crache le sang. Lorsqu'il crache le sang, considérez-le comme mort sans remède, à moins que Dieu ne le sauve...» Nombre d'informations permettent de suivre l‘actualité des événements et en particulier la période des sièges du palais pendant le Grand Schisme. En mai 1410, une lettre conte que «la ville et tout le Comtat tiennent pour le pape Alexandre... Plaise à Dieu d‘exterminer ceux qui restent (dans le palais) et qui sont de mauvaises gens ! ». Datini est mort en août 1410 à Prato sans héritier et lègue sa fortune à l'œuvre des «Ceppi dei Poveri» de sa ville.

 

La faillite d‘Alaman de Passis Le 21 mars 1466, une lettre du roi Louis XI apprend aux Avignonnais la faillite de la banque d'affaires d’Alaman de Passis dont la loge se trouvait place du Change. Le scandale est énorme, les Passis sont citoyens et habitants de la ville depuis le début du XVe siècle ; ils font partie de la confrérie de la Major, sont recteurs du Pont Saint Bénézet, ambassadeurs de la ville. Alaman a repris les affaires de son oncle Michel comme «campsor et mercator» : il sera un véritable homme de banque, orientant surtout ses activités vers le crédit. Parmi ses clients, se trouve la ville d'Avignon, mais surtout le roi René. Le commerce de objets de luxe avec Paris, de toutes sortes de draps avec l‘Italie et l'ESpagne est aussi important que celui du sel pour lequel Alaman engagera deux interprètes «qui balharant l'argent tous los dissates». Il habite une grande maison qui est dans la rue de I'Amorer, près de l'actuel palais du Roure. Syndic de la ville en 1452, il est réélu en 1461, mais avec le titre de consul, plus honorifique, que le pape Pie II avait donné l'année précédente. Malgré cette prodigieuse carrière, Alaman est déclaré en faillite par le roi de France. Il remboursera ses dettes, mais finira sa vie dans l‘ombre et meurt avant 1482. Cela n‘empêchera pas ses fils de créer une filiale à Lyon et de poursuivre les activités bancaires de Passis. 

 

 

5 - C’était le lieu le plus fréquenté de la ville ; on s’y donnait rendez-vous pour flâner, pour parler et, bien sûr, pour effectuer ses opérations bancaires. 

 

6 - Sur l’emplacement du café Henri IV, était la maison maternelle du brave Crillon. Gilles de Berton, son père, et Claude, son oncle, y demeuraient encore en 1568. Presque en face, dans la maison de M. Rouvière pharmacien, Jean Guillermin modelait, en 1659, le Christ de la Miséricorde, que les connaisseurs ont mis depuis longtemps au nombre des merveilles de l’art.

 

A l'angle de la place du Change et de la rue Galante, se trouvait une ancienne pharmacie de la ville. Il s'y trouvait un ensemble magnifique de placards et de pots servants à tous les usages d'une ancienne officine. Jean-Pierre Locci pense que cet ensemble exceptionnel du XVIIe siècle provenait de l'ancien hôpital des Antonites tout proche et qui fut rattaché à l'Ordre de Malte en 1778. Malgré les protestations de toutes les associations culturelles et leur effort financier, la municipalité fut incapable de défendre le départ de la majestueuse pharmacie qui fut vendue aux enchères à Paris en 1992.

 

 

7 - De la place du Change à Saint-Pierre se trouvait le quartier des Drapiers,la draperie étant une très importante industrie à cette époque. 

 

Mais sur la place elle-même se traitaient, aux XIV‘ et xv‘ siècles, les opérations bancaires, ce qui a fait de ce lieu l'un des plus riches de la ville. 

 

On disait d’ailleurs la place des Changes, toute la corporation des changeurs ayant installé ses boutiques à même la place. Ils étaient dix-sept en 1328. 

 

Une de leurs loges s’appelait le Diamant. On y venait pour évaluer ou vendre des monnaies, des lingots ou des pierres précieuses. Grâce à l’impulsion du cardinal de Foix, cette place fit dégager cette place de 1448 à 1458, surtout pour l’agrandir en 1457 par la démolition de la loge du Diamant, en vertu d’une délibération du Conseil de la ville, en date du 18 avril 1448.

 

 

Ce terrain ainsi déblayé ne fut pavé qu’en 1458. C’est sur la place du Change,au midi de la maison actuelle de M. Ducommun, que demeurait le chevalier Bernard de Rascas, qui fut assesseur du syndicat d’Avignon, en 1348, et qui se recommande comme poète, comme jurisconsulte, et surtout comme bienfaiteur des pauvres. C’est à sa libéralité que la ville d’Avignon doit la fondation du grand hôpital de Sainte-Marthe. Bernard de Rascas avait pour voisin, dans la maison qu’habite aujourd’hui M. Ducommun, un marchand de draps d’or et de soie, nommé Allemand Guet. 

 

En 1351 est nommée la Carreria magnorum cambiorum à  l'entrée du grand Masel. C‘était alors la plus grande des places de la Ville, et elle était loin d‘avoir son étendue actuelle. Sur un côté se trouvait la maison du «Diamant», le fameux Rodel des changeurs et tout autour, on en comptait 17 en 1228 et 43 dans la ville, les loges des marchands. Ce Rodel sera démoli en 1457 lors du premier agrandissement de la place. 

 

 

 

La place est nettement visible sur le plan de référence de 1618 établi par deux artistes, Marco Antonio Gandolfo, mathématicien, et Théodore Hoochstraten, graveur.

 

 

Sur cette place, s'établit à l'enseigne de la Bible d'Or, l'imprimeur Charles Giroud qui de 1733 à 1746, fit paraître le «Courrier d’Avignon », journal célèbre pour sa liberté d’expression, historique, politique, littéraire, galant et moral «grâce à la plume de François Morénas». Alexandre Giroud prit la suite et le journal continua de paraître grâce à Niel, Antoine Aubanel, Bonnot, Sabin Tournal, jusqu‘en 1793. 

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