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Place du Petit Palais 

Vierge à l’enfant

1 - Place du Petit Palais 

 

Le nom de la place date de l'époque où les papes vivaient à Avignon. Avant cela, la ville était tassée autour du Rocher et la place n’existait pas encore. 

 

 

2 - De la place du Puits-des-Boeufs au rocher de: Doms -

 

 

6 - La présence des papes dans Avignon a fortement marqué les influences artistiques, religieuses et politiques. 

Le palais qui est leur œuvre est l’un des atouts principaux de la renommée universelle d’Avignon avec le pont Saint-Bénezet, dont le monde entier connaît la chanson que l’on fredonne dès l'enfance. 

 

Lorsque nous arrivons du Gard, par les ponts du Royaume et Daladier, à l’heure où le soleil colore d’or les vieilles pierres, nous continuons d’être émerveillés par la vue de cette immense bâtisse par-dessus les remparts en face de nous et par celle du pont, symbole de la ville, qui arrête sa traversée au milieu d'un des bras du Rhône. 

 

La place du Palais est une des plus belles du monde et elle figure parmi les sites classés par l’Unesco : elle est délimitée par le palais des Papes d'un côté, l’hôtel des Monnaies et la richesse excessive de sa façade en face, au fond par la belle perspective Renaissance du Petit Palais et en haut, par le Rocher dominé par la basilique Notre-Dame-des-Doms. 

 

L’ensemble sous le regard de la vierge de la cathédrale qui vient d'être redorée et qui s’illumine au plus léger rayon du soleil.

 

 

Le palais des Papes possède sept tours : au nord la tout Campane surmontée par la

cloche de l‘évêque, à l'est les tours Trouillas, Saint-jean, des Anges et Saint-Laurent, à l'ouest la tour de la Gâche (du provençal gacho qui signifie guet!) et la tour de la Cloche d’Argent.

 

Après le départ des papes, le palais eut des utilisations différentes. Il accueillit l'armée pendant de longues années jusqu’a ce que Paul Pamard, alors maire d Avignon, demande, par une lettre du 1" mai 1860 adressée à l'empereur Napoléon III, la libération de ce monument. 

 

Le 15 Janvier 1901, la ville et l'État signent une convention. Avignon pourra récupérer le palais si la ville construit une caserne. En 1906, le palais est libéré de ses soldats qui s'installent à la caserne Chabran. 

 

La caserne Hautpoul existait déjà mais était devenue insuffisante. Les travaux de restauration du palais des Papes n'ont pas cessé depuis cette période. 

La place du Palais servit de décor en 1922 et 1923 à des troupes théâtrales, une fois devant le Petit Palais, et l'année suivante devant le palais des Papes. 

 

La place du Palais fut aussi le lieu des exécutions capitales et le billot était dressé devant les murs du Palais ; plus tard, ce fut un gibet qui décora la place, puis la guillotine qui trôna au milieu de ces murs historiques. Pendant la guerre de 1939 à 1945, le palais fut un abri lors des bombardements et il y eut deux alertes dans la même journée du 6 août 1944. la première à 9 h 40,1'autre à 18 h 15.

 

 

L’hôtel des Monnaies est le premier monument baroque de la ville. Il a été construit par jean-François de Bagni de 1614 à 1621. Suite à la destruction des archives de la vice légation, on ignore tout de ce Bagni. 

 

Notons sur la façade presque aveugle (seul le rez-de-chaussée a des ouvertures) les armoiries de Paul V surmontées de la tiare pontificale portée par des anges. C’est tout un hommage à la famille Borghèse dont Paul V faisait partie, mais également au cardinal en titre à Avignon, appelé cardinal Borghèse, de son vrai nom Scipion Caffarelli. 

 

Des aigles sur le toit, d'énormes guirlandes de fleurs et de fruits confèrent à l’ensemble de l’édifice le style italien. Pendant la Révolution, l’hôtel des Monnaies devint le logement du commandant et des cavaliers de la maréchaussée. Puis, il a abrité les cours du conservatoire de musique de la ville jusqu’en 2007.

 

Le musée du Petit-Palais fut construit par le cardinal Arnaud de Via à partir de 1323 sur la vaste demeure du cardinal Berenger Frédol l'Ancien, grand pénitencier du pape Clément V, érigée de 1318 à 1320. À sa mort en 1323, le cardinal Arnaud de Via, neveu du pape régnant Jean XXII, acheta pour son compte personnel cette construction, qu’il agrandit par l’achat de maisons avoisinantes. Benoît XII y transféré le siège épiscopal. 

 

Après le départ des papes, le Petit Palais eut divers occupants jusqu’à ce qu’il soit racheté par Julien de la Rovère, futur pape (Jules II de 1503 à 1513). Celui-ci habilla le bâtiment de deux nouvelles façades de style Renaissance italienne.

 

 

La tour qu’il avait ajoutée en 1487 s’effondra en 1767. Puis il devint petit séminaire au XIX° siècle et, le 1er janvier 1910, école professionnelle et technique jusqu’en 1958, date du transfert de l’école route de Tarascon. 

 

Il faut attendre 1976 pour qu’il devienne le musée qu’il est aujourd’hui. Le sigle qui symbolise le musée est la feuille de chêne de Julien de la Rovère. Rovère est dérivé de rouvre qui en provençal signifie chêne. On le voit au-dessus de la porte, ainsi que les armoiries. On a donné à cette grande maison le nom de Petit Palais pour le différencier de l’autre.

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Devant les deux tourelles du palais Se trouvait la place des Cancels : Petite place située devant la première Porte du Palais et appelée ainsi à cause des barrières (cancelli) qui l’entouraient.

 

Il existait aussi la rue Champeaux : une des ruelles qui se trouvaient au milieu des petits champs (campelli) devant le palais des Papes et où les merciers exposaient leurs étalages les jours de marché. La porte des Champeaux est aujourd’hui l’entrée principale du palais des Papes. Les deux tourelles ont été reconstruites en 1933. Sur la place, devant l’entrée principale du Palais, les anciens bâtiments cités plus haut sont matérialisés sur le dallage.

 

 

 

Tout le monde sait que cette place doit son nom à l’ancien Palais des Papes qui s’y trouvait bâti. On distinguait anciennement le grand et le petit Palais. Celui-ci était la demeure des Archevêques. Jusqu’au XIVe siècle, la ville d’Avignon a été assise en grande partie sur les pentes du Rocher des Doms, et bien des noms de rues ont disparu avec les maisons qui les couvraient. On sait que lorsque Clément V arriva dans cette cité, on ne trouva pas d’édifice plus convenable pour sa résidence que le palais de l’évêque. C’est sur ce terrains de l’ancien Evêché et des maisons limitrophes que Jean XXIII et Benoît XII élevèrent les gigantesques constructions qui subsistent encore, et c’est de cette époque que date la translation du palais épiscopal sur les terrains que couvrent de nos jours les bâtiments du Petit Séminaire.

Ce n’est pas ici le lieu de faire une histoire du Rocher des Doms et des édifices qui

l’avoisinent. Les détails de cette histoire, d’ailleurs très intéressante, n’exigeraient pas moins d’un volume.

 

La place du Palais-des Papes est le coeur de l‘Acropole d’Avignon. Sous son sol on a trouvé un fond de cabane chalcolithique qui témoigne de l‘ancienneté de l'occupation. L‘exhumation à quelques dizaines de mètres, dans le quartier de la Balance des deux plus anciens squelettes retrouvés sur le site permet de faire remonter son occupation au IVe millénaire avant notre ère. 

 

Tout autour de la place sont présents les grands monuments d‘Avignon. L‘époque romane avec Notre Dame des Doms (cft Montée Notre Dame), le Pont Saint Bénézet (cft Porte du Rhône), le palais de la Commune (cft rue de Mons), est particulièrement riche. L’âge gothique en est le roi avec le Palais des Papes (cft infra), le Petit Palais (cft infra), et la Tour de la livrée de Canillac occupée ensuite par le cardinal de Murol qui émerge de l'hôtel de Bouchony. La période baroque se révèle dans la fastueuse façade de l'Hôtel des Monnaies (cft rue de la Monnaie), et le XIXe siècle a su aménager le rocher des Doms (cft Montée des Moulins). 

 

Le Palais Des Papes 

 

Le Palais des Papes reste encore aujourd'hui «la plus vaste maison du monde» comme le disait Froissard. Il s‘agit en fait de l‘adjonction de plusieurs Palais. Clément V (1306-1314) ne se fixe pas dans la ville et reste itinérant. Jean XXII (1316-1334) ancien évêque d‘Avignon va réutiliser le Palais épiscopal qu’il connaît bien, et commence quelques constructions dont les éléments les plus importants se trouvent dans l'aile du Consistoire, et la Salle de Jésus. Benoît XII (1334-1342) est le constructeur du Palais Vieux, caractérisé par son austérité et ses petites fenêtres en plein cintre : ses constructions se concentrent autour du Cloître et des deux grandes tours du Trouillas et de la Campane. 

 

Clément VI (1342-1352) érige le Palais Neuf autour de la Cour d'honneur, avec une grande abondance de sculptures et de peintures, et de belles fenêtres à meneaux protégées par la tour de la Gâche en tête de la Grande Chapelle. Innocent VI (1352-1362) fera la jonction de la Porte Notre Dame avec l'apparition des fenêtres en arc surbaissé, toutes nouvelles en ce XIVe siècle, et construira la tour Saint Laurent. Urbain V (1362-1370) sera le pape du premier retour à Rome ; échouant dans son entreprise de restauration de la papauté dans son lieu d'origine, il revient mourir au Petit Palais. Grégoire XI (1370-1378) prépare longuement ce retour à Rome et le réussit. Mais après sa mort, éclate le Grand Schisme et Clément VII (1378-1394) revient en Avignon pour y régner, tout comme son successeur. Benoit XIII (1394-1409) qui est le dernier pape d‘Avignon celui du siège du Palais dont il s’échappe en 1405. 

 

C’est par la porte des Champeaux que commence la visite du Palais des Papes. Le visiteur traverse l‘aile des Grands Dignitaires en passant sous le blason de Clément VI et les tourelles jumelées qui gardent le portail. Les deux croisées d‘ogive de l'entrée Sont encadrées par les salles des Gardes. Celle de droite où se trouve la billeterie, a été repeinte au XVIIe siècle et sur ses murs une grande peinture baroque met en valeur le pape Barberinî, Urbain VI, entre les allégories de la Justice et de la Prudence. Le mur d‘en face montre les armoiries aux abeilles des Barberini, du pape, du cardinal neveu, de François Barberin légat d‘Avignon, du vice-légat, du général des armes et d’un grand dignitaire. Le circuit fait passer par la superbe salle de la Petite Audience dont les voûtes ont été peintes de trophées baroques en grisaille lors de sa Transformation en arsenal 

 

On arrive alors dans la Cour d'Honneur. A droite, le Palais Neuf de Clément VI avec l'arrivée de l’escalier d'honneur et au-dessus des têtes, la grande fenêtre dite de |‘Indulgence. A gauche, se trouve le Palais Vieux de Benoît XII avec la porte Notre Dame surmontée de l'étonnante fenêtre à l'arc surbaissé de la chambre aux quatre fenêtres, la petite tour adossée du Cardinal Blanc, et la rampe qui longe l'aile du Conclave aux petites fenêtres toutes romanes. Elle donne accès à la cour du cloître par un passage puissamment fortifié. 

 

En face, la Tour des Anges, dite aussi du Pape ou de Plomb donne sa fonction essentielle au palais, abriter son Seigneur, le Pape. Haut de quarante mètres, ce donjon, protège le pontife. De bas en haut, se trouvent la salle du trésor en sous-sol, l'appartement du Camérier, la chambre du pape, le trésor haut et la salle des gardes. 

 

Il faut traverser la cour pour pénétrer dans le bâtiment. On longe l'excavation de l‘ancienne Audience de Jean XXII et un énorme puits. Avant d'entrer, il y a sur la droite un escalier monumental qui s’enfonce sous la tour du pape et qui permet de rejoindre les jardins. Cet escalier a été découvert par l‘archéologue Dominique Carru qui a trouvé, outre cette architecture inattendue, de nombreux carreaux provenant de l’aile occidentale des appartements privés, détruite par l'occupation militaire au XIXe siècle. 

 

On pénètre dans le Palais de Benoît XII par une poterne. Devant soi, un escalier permet de descendre dans l’entrée de la salle du Trésor. Cette salle a été fracturée deux fois au XIVe siècle, en 1360 et en 1374 par Turcan Maulobranque, écuyer du diocèse d'Arras. La tentation était grande d‘aller se servir dans les coffres de bois remplis de sacs de toile contenant la vaisselle d'or et toutes les monnaies d‘or et d‘argent du monde. Un pilier central déploie quatre croisées d'ogives. Sur les côtés de la salle, Roberte Lentsch, alors conservatrice, découvrit les étonnants coffres aménagés de part et d‘autre dans les reins de la voûte du passage inférieur. Ils sont fermés par des grosses dalles de pierre et servaient à garder les archives.

 

On remonte dans la salle adjacente, ancienne grande cuisine comme l'indique l'immense cheminée du côté Nord. Un escalier étroit, compris dans l'épaisseur du mur permet d’accéder à la Salle de Jésus. 

 

Sur la droite s'ouvre l'ancien appartement du Camérier, gestionnaire principal de la cour. C‘est une des pièces les plus intéressantes du palais. Elle se trouve au milieu du donjon et n’a d‘ouverture qu'à l'Est, vers les jardins. Le mur Ouest a conservé son décor d'origine (1337) à fond brun avec de grands rinceaux d'où se détachent de grandes feuilles rouges et bleu-vertes ; le plafond a aussi gardé son décor d’origine et attend une restauration. En haut des murs, de grands blasons se superposent autour de la pièce ; ils présentent les armoiries des légats et vice-légats d‘Avignon. Dans le sol, on a découvert des coffres aménagés dans les creux des croisées d'ogive de la salle du Trésor qui se trouve juste en-dessous. Au XVIIe siècle, cette grande pièce a été transformée en salle du trône des vice-légats et ses murs ont été percé de nouvelles portes et revêtus d'un décor dont il reste des traces avec des fleurs de lis rouges. 

 

Depuis trente ans, un débat oppose au sein du ministère, les partisans d'une restauration baroque a ceux qui pensent que le palais est avant tout médiéval. Cela évite d'engager des travaux de restauration. Sur le côté oriental, Une petite chapelle adjacente a été aménagée au XVIIe siècle. Sa voûte est peinte aux armes des Chighi et du vice-légat Conti tandis que ses murs sont couverts par des Iambris du XVIIIe  provenant de l‘ancien hôtel de ville. ' 

 

On retraverse la Salle de Jésus pour accéder à Salle du Consistoire. C‘est ici que le pape et les cardinaux se réunissaient en assemblée plénière. La vente de la ville d‘Avignon par la reine Jeanne se déroula ici en 1348. Sur les murs se trouvent, au Sud. deux peintures provenant de la livrée de Saint Ange, dont le Couronemment de la Vierge que nous avons retrouvé avec notre collègue Jacques Thiriot avant que ne soit construit l‘hôtel Mercure de la Balance. Sur le mur Nord, sont exposés les étapes du travail de Simone Martini sur les deux tympans de l'entrée de la cathédrale Notre Dame des bons. Celui du haut est triangulaire, celui du bas est en demi-cercle La première sinopia est restée en place à Notre Dame des Doms. La seconde sinopia est exposée ici. Cest un véritable chef dœmme de l‘art de Simone Martini qui vint mourir en Avignon en 1344. après avoir été un des plus grands peintres de son temps. En-dessous, se trouvent les peintures originales qui restent essentielles malgré le passage de siècles de vents et d‘intempéries. On remarquera la beauté des anges, la joliesse de la Vierge d‘Humilité, assise sur un coussin par s’adapter au cadre en demi-cercle, et le portrait du cardinal Stefaneschi à genoux à son côté en adoration devant le magnifique Enfant Jésus aux boucles d‘or. 

 

Au centre du mur oriental, la chapelle Saint Jean a donné son nom à la tour peinte par Matteo Giovanetti Peintre officiel du pape, ce chanoine de Viterbe est chargé de la décoration des salles du palais à  partir de Clément VI. Assisté d' un véritable atelier international, il imagine et réalise les superbes fresques du palais d‘Avignon, du palais et de la chartreuse de Villeneuve. Ces peintures sont des oeuvres de premier plan de I' art du Trecento. On y trouve la fusion de l‘art italien. la clarté du trait et la réussite des couleurs. Elles évoquent largement l’art siennois et la recherche très française des scènes de chasse de la Chambre du Cerf. 

 

 La chapelle Saint Jean 

 

La chapelle Saint-Jean montre les épisodes de la vie des deux cousins du Christ. La voûte présente avec le Baptiste, son père Zacharie, sa mère Elisabeth et sa grand mère Ismerie. La moitié gauche des murs porte dans les parties hautes, la Trinité, le baptême du Christ et Jean prêchant aux Lévites, au centre, la naissance de Jean et Zacharie écrivant le nom de son fils sur une banderole. En-dessous, le peintre a utilisé l'intérieur de la fenêtre pour montrer la décollation de Jean Baptiste et la présentation de sa tête par Salomé au roi Hérode. En face de la porte, Jean va au-devant du Christ qui est suivi par deux anges. Les deux cousins sont séparés par la fenêtre du sud dont la lumière rappelle le ruissellement de l'eau du Jourdain lors du Baptême de Jésus. 

 

La partie droite des murs est consacrée à Jean l’Évangéliste. Sur la voûte sont figurés sainte Anne, Zébédée et Marie Salomé, ses père et mère, saint Jean Evangéliste. Dans la partie supérieure des murs, un des premiers paysages de l'histoire de la peinture met en valeur la barque de Zébédée en compagnie de ses fils, Jacques et Jean, tandis que lui faisant face, est le Christ suivi de Pierre et André. Dans la partie basse, la vision de l‘Apocalypse met en Scène Jean avec Sa longue barbe devant le Christ vêtu de blanc, le double poignard étincelant à la bouche et environné des sept piliers de la sagesse. Sur l'autre partie du mur, est peinte la résurrection de Drusiane à Ephèse. 

 

Le mur sud porte une des plus belles Crucifixions du XIVe siècle. Au-dessus, les peintures en partie disparues montraient le supplice de Jean, plongé dans l'huile bouillante, et la disparition du saint dans la tombe creusée au pied de l‘autel. Sur le mur nord une série de neuf tableaux représente les neufs papes d’Avignon. On Sort alors dans le cloître de Benoît XII ; il est monumental avec ses grandes arcades brisées qui supportent une galerie promenade. Les quatre bâtiments qui l‘entourent sont crénelés tant à l‘intérieur qu’à l'extérieur par des systèmes de crénelage portés sur machicoulis pour les tours et sur arcs pour les bâtiments. 

 

Celui du nord est l'ancienne grande chapelle de Benoit XII. Elle est détendue à l'angle nord-est par la tour du Trouillas, la plus haute du Palais, qui doit son nom à l'ancien pressoir à vin du chapitre de la cathédrale. A l'angle nord-ouest par la tour de la Campane. La cloche d'argent, suspendue dans le petit campanile du toit, sonnait son tintement argentin pour Noël et pour Pâques, pour la mort des papes et leur avènement. Tout cet ensemble appartient aux Archives départementales qui y sont conservées. L‘escalier à droite conduit à la galerie de l'étage où se trouve la porte d‘entrée de la salle du Grand Tinel. Cette immensité est couverte d'une voûte en carène de vaisseau en bois qui, au temps des papes, était peinte d'un ciel couvert d'étoiles. C' est là que se déroulaient les interminables repas officiels. 

 

Une petite porte permet d'entrer dans la grande cuisine remarquable par sa cheminée portée sur quatre trompes, à la façon romane, et qui culmine à 22 mètres de haut. Cette cheminée était celle d'un fumoir, comme en témoignent les parois noircies. La cuisine comprenait d'autres pièces, à côté et au-dessous, ce qui explique l'obligation de réchauffer les plats avant de les servir. Les grandes tables dressées sur tréteaux n‘étaient occupées par les convives que d'un seul côté, laissant le centre libre pour le service et les entremets. Le maître de la vaisselle surveillait soigneusement les accessoires de table : assiettes en or, couteaux aux manches ouvragés, fourchettes communes à la table pontificale, fontaines de cristal rehaussées de pierres précieuses, carafes ciselées, et langues de serpent destinées à faire changer de couleur les aliments empoisonnés, par contact de flèches de silex préhistoriques, de cornes de narval et d'amulettes diverses. 

 

Le tout était présenté sur des nappes brodées, grandes longières immaculées rehaussées de fils d‘or, tandis que les sièges des invités étaient également couverts de brassières colorées. 

 

 La chapelle Saint Martial 

 

Une porte dans le mur oriental donne accès à la chapelle Saint-Martial, qui est au-dessus de la chapelle Saint Jean. Les peintures de Matteo Giovannetti y narrent la vie de l'évêque de Limoges, région dont Clément VI était originaire. Sur des fonds très riches d'azurite naguère rehaussés d'or et chargés d'étoi les, Matteo Giovanetti a mis en page la vie du saint. De la voûte jusqu'au sol, les différents registres sont numérotés des lettres A à V, comme les pages d‘un livre précieux. 

 

A : Martial écoute le Christ, il est baptisé par saint Pierre.

B : le Christ impose les mains à Martial. 

C : Mission de Martial en Gaule. 

D : Martial reçoit le bâton miraculeux de Pierre et ressuscite son compagnon Austriclinien. 

E : Délivrance d'une possédée. 

F : Résurrection de la fille du seigneur de Tulle. 

G : Martial oblige le diable à sortir de la statue de Jupiter.

H : Guérison d’un paralytique; Martial part pour Limoges. 

I : Les miracles de Limoges. 

K : Martyre de Sainte Valérie qui ramasse sa tête et la présente à Martial. 

L : Martial ressuscite le bourreau tué par un ange, le duc Etienne se convertit. 

M : Etienne est absout à Rome par Saint Pierre. 

N : Martial ressuscite le fils du comte de Poitiers, noyé par le démon Neptune. 

0 : Etienne détruit les idoles, par son bâton, Martial guérit le comte de Bordeaux paralytique et arrête l'incendie de la ville. 

P : Martyre de saint Pierre et de saint Paul. 

Q : Martial ordonne son successeur, saint Aurélien, dans la cathédrale de Limoges, représentation des treize églises fondées par le saint. 

R : Le Christ annonce à Martial sa mort. 

S : Mort de Martial dont l'âme est reçue au ciel. 

T: Cortège funéraire et guérison d'un paralytique. 

V : Miracles du suaire de Martial. 

 

Dans la partie sud-ouest du Grand Tinel sont visibles les grands arcs ouverts en période de conclave. On réunissait alors au Grand Tinel, la grande salle perpendiculaire du conclave et la chambre de Parement qui est à la suite. Cet ensemble muré, n'était réouvert qu‘après l'élection du nouveau pontife. Il est vrai que nous sommes dans les salles les plus grandes du palais, puisque le Tinel mesure 48 m sur 10,25 m et le Conclave, 38 m sur 9,50 m. 

 

La chambre de parement attend qu‘on restaure la voûte en carène. Lieu de réception, elle est dans l‘état où l'armée l'a laissée après un slècle d'occupation. Dormant sur cette salle, le Stadium est une petite pièce utilisée comme bureau par Urbaln V. Elle est d‘ailleurs en communication directe avec sa Chambre. On y a retrouvé un carrelage intact du XIVe resté en place : les murs sont couverts de peintures à fond bleu chargés de rinceaux et de petites fleurs. 

 

La Chambre du Pape est au milieu du donjon. Le carrelage restitué et les coffres, bien que plus modernes mais gothiques, qui y sont ajoutés, permettent de faire ressortir la luxuriance du décor peint sur les murs : d‘immenses rinceaux jaunes sur fond bleu où se posent des dizaines d'oiseaux, où courent des écureuils et des hermines. Dans les embrasures des fenêtres, sous les arcatures trilobées qui ouvrent sur des ciels, des cages à oiseaux sont ouvertes et vides. Les pontifes dormaient dans un grand lit entouré de courtines en tapisserie. On sait qu‘Innocent VI et Grégoire XI avaient un perroquet dans leur chambre, que des bouquets de plumes d‘autruche couronnaient le ciel de lit. Les draps étaient de toile fine et de couleur rouge et vert, de nombreux oreillers et des couvertures multicolores agrémentaient le lit papal. 

 

Au-dessus de cette chambre se trouvait le Trésor Haut qui contenait une partie de la bibliothèque et les objets religieux de prix. Dans le corps de garde qui couronne la tour, des soldats veillaient jour et nuit sur le bien être du donjon. 

 

 Les graffiti des appartements privés 

 

A partir de 1398, le pape Benoît XIII est soumis à un siège féroce de la part des Avignonnais et des cardinaux qui se sont soustraits de son obédience. Après accord, la centaine de soldats qui garde le palais se retire et commence alors un long blocus qui va durer trois ans. Au petit matin du 12 mars 1403, le pape réussit à s'enfuir du palais où il ne reviendra plus. 

 

Le clocher de la cathédrale des Doms s'écroule le 27 janvier 1405, trop ébranlé par les chocs du premier siège. 

 

Rodrigue de Luna, neveu de Benoit XIII est nommé recteur du Comtat, se réinstalle au Palais, fait détruire les maisons jusqu‘à la tour du Pont et résiste avec opiniâtreté aux escarmouches des Avignonnais et des troupes françaises. Le siège va durer de mai 1410 à novembre 1411. Les 400 défenseurs sont originaires de Catalogne, d'Aragon, des Pyrénées. Ils sont commandés par Bernard de Son, le vicomte d'Eule accompagné de Pierre de Torrente, abbé de Solsone, gouverneur du Petit Palais et Martin d‘Alpartil commissaire général. La garnison du Palais se rendra alors au camérier de Jean XXIII, François de Conziè. Le 15 février 1411, le premier assaut sérieux est lancé avec un château flottant dont les troupes tentent d'escalader la Rocher des Doms. Echec. Le cinq avril, puis le 7 mai, ce sont encore des échecs. Les bombardes entrent alors en action, le blocus total affame les assiégeants, quatre de leurs émissaires sont arrêtés et décapités. Le 29 septembre Rodrigue de Luna signe la capitulation et le 19 novembre, ses troupes évacuent le Palais. Les «Catalans» partent en emportant tout ce qui est possible avec eux : bombardes, cloches, objets volés. 

 

Par contre, ils ont laissé gravé sur les murs des appartements privés de très nombreux graffiti. Ces inscriptions ont été protégées par les siècles car, à peine les travaux de réfection commencent-ils que le 7 mai 1413, un incendie détruit toute l’aile du Consistoire, le Grand tinel, la cuisine secrète et la bouteillerie. Malgré les travaux de réfection, toute cette partie du Palais va être peu à peu abandonnée. De rares curieux viendront y mettre une signature, un blason que notre curiosité met en évidence. 

 

Ces inscriptions se trouvent sur les murs de la chapelle Saint Martial et ceux de la Chambre du pape. Elles sont en lettres gothiques et proclament : «yha atvant», cri de guerre : on y va ; puis «plus i q tou», Soit : plus moi que toi ;et encore «plus que mil anyo» : mais la défense du Palais n'aura pas duré mille ans. A Saint Martial on lit sur quatre lignes : «amico do onca..a luna..avos succes..spes abut», soit : amis de Oncola (village près de Luna, en Aragon), pour Luna, le vieux successeur (de saint Pierre), plus d'espoir. 

 

Un soldat écrit ailleurs : «d'aragoa soy» : je suis d‘Aragon Et un autre : «media nove/y non sta ste» : le nouveau centre (de la Chrétienté) n'est pas ici. Vingt trois noms propres apparaissent : ce sont des noms de soldats qui Sont aussi des noms de villages et de villes : Monreal, Anso, Idocin, Garayoa, Pineda, Lerida, Sedana, Treviana, Rueda, Novales, Obon, Penalba, Alagon, Neila... 

 

D‘autres inscriptions se sont échelonnées sur des siècles. Dans le studium d'Urbain V son gravés les mots : «foy et béarn», et aussi un blason au palé de Foix, à rapprocher de la légation du cardinal de Foix. Ailleurs, les plus lisibles sont celles de «R.de Maucaurt» datée de 1422 ; puis de «Joachim de Sauze», capitaine du palais, époux de la fameuse Magdelaine Lartessuti, datée de 1510 ; et celle de «estienne do jarno souria» : Etienne de Jaray, près de Soria ou «Vilano», 1521. Dans la Chambre du pape on lit «carlo dei ors..manule de Scta vytoia..an 1531 «désignant deux compagnons, Carlo de Ores et Manuel de Sancta Vitoria. 

 

Des inscriptions tardives nomment «Jean Augier de Mormoiran.l736», «Joseph Fuza fils, boulanger du palais. 1755» et datant du XVIIIe, l'adresse : «ARESTE TOY E France», La plus célèbre inscription restant la signature de Prosper Mérimée, datée de 1834, premier inspecteur général des monuments historiques sous Napoléon III 

 

Nous avons relevé dix sept blasons gravés. Parmi les plus significatifs il y a dans la Chambre du pape, les six besants du pape Jean de Médicis, pape Léon X qui fit faire d’importants travaux de restauration en 1516 ; mais aussi les trois coeurs des Amelot. Dans la chapelle Saint Martial se trouvent les blasons des Assis de Toulouse, des Vigoureux de la Roche de Saintonge, des Martini de Montpellier et, au chef chargé de trois croisettes, de François Gaspard de Jouffroy de Gonfans, évêque de Gap de 1774 à 1777. 

 

Et puis, il y a le passage entre la Chambre du pape et la Chambre du Cerf. La porte de la Chambre du pape s'ouvre en masquant le mur. Sur celui-ci se trouve un superbe dessin : une potence faite de trois traits porte au bout d'une corde le blason fasçé de six pièces et surmonté de son chapeau cardinalice de Alain de Coétivy, qui fut évêque de 1438 à 1474 et qui fut nommé cardinal de Sainte Praxède en 1448. Au-dessus se trouve l‘inscription «je nomme fou», et de part et d‘autre des pompons sont gravés un âne et un petit oiseau. A côté de la potence se trouve le blason de François-Guilhem de Clermont-Lodève, lui aussi surmonté du chapeau cardinalice reçu au titre de Saint Adrien en 1503 : il fut légat d'Avignon de 1513 à 1541. La levrette des Nicolaï de Bourg saint Andéol est parfaitement dessinée ; par contre un grand écu équipollé grossièrement tracé pourrait être celui de Clément VII 

 

La chambre du Cerf 

 

A peine couronné, Clément VI fit construire la tour de la Garde Robe contiguë, en 1345. Les garde-robes sont les deux niveaux encore en partie couverts de peintures décoratives, en-dessous de la Chambre du Cerf. Au-dessus, la chapelle Saint Michel était l'oratoire privé du pape. Les décors de la Chambre du Cerf Sont les plus célèbres du palais. Profanes, elles sont au moment de leur création, uniques dans la peinture occidentale. C’est la première fois que l‘artiste permet à la nature de prendre une telle ampleur. Le ciel bleu fait se détacher de nombreuses variétés d‘arbres qui emplissent la totalité de l‘espace peint tout à coup emplit d'oiseaux et de scènes de chasses et de pêches.

 

Entre les deux contreforts de la tour des Anges, un vivier est entouré par quatre pêcheurs : l'un tient un arc, l‘autre une épuisette, le troisième porte un épervier et le dernier lance une ligne. Dans le vivier sont des brochets et des carpes ; la fausse perspective a pour avantage de mettre en évidence les attitudes des pêcheurs et développe en profondeur l'entourage sylvestre où s'étire un ruisselet. A côté, un chasseur en blanc joue du happeau. Sur le mur oriental, deux enfants ramassent des fruits qui tombent d'un arbre, au-dessus de la fenêtre, un jeune dénicheur prend des oiseaux à la glue ; puis se trouve le célèbre couple des chasseurs un beau seigneur vêtu de bleu, de blanc et de rouge, porte sur le poing un faucon et tient de la main gauche, un arc: deux chiens attendent derrière lui, tandis qu'un damoiseau blanc et cramoisi, la dague au côté, lui tend sans doute une flèche. 

 

Le mur sud est bien effacé. Pourtant, cette scène de baignade encore dessinée pourrait être une chasse à un animal d'eau : au-dessus de la fenêtre, un chasseur perché au sommet d‘un arbre se trouve en face d‘un aigle : dans l'angle, la chasse au furet met en émoi une tribu de lapins. 

 

A l‘ouest, un chasseur fantastique Se déploie dans les branches au milieu des oiseaux : à côté, malheureusement, Seule la partie postérieure en est visible, la chasse au Cerf qui a donné son nom à la Chambre présente l‘animal attrapé par les chiens. 

 

Une frise à la limite du plafond, répète les armes de Clément VI «d‘argent à la bande d‘azur, chargé de six roses de gueules». Au-dessus, un univers parallèle, à peine visible, poursuit la narration des plaisirs de la chasse et se répand en rencontres d'animaux exotiques ou imaginaires. Plus d‘une trentaine de personnages sont peints au long des murs et sur les joues des poutres. Les uns chassent avec leurs lévriers, d‘autres prennent des oiseaux au filet, chassent le sanglier à l'épieu, le cerf à l‘arbalète, l‘outarde ou la lionne. L‘un parle aux oiseaux, l'autre pêche, un autre sonne du cor, un autre charge une fronde. Une licorne, un éléphant à la trompe énorme, un chameau, un dragon aux ailes déployées apportent le sentiment d‘irréalité accentué par l’éloignement du sol. Sur le plafond, des blasons très effacés portent les armes de Clément VI, de l‘Eglise et les lys d‘Anjou, puisque Avignon appartient encore en cette année 1343 aux rois de Naples, Comtes de Provence. 

 

Cet ensemble de décors vivants, luxueux, inattendus chez le pape, semble aujourd'hui être le reflet de la réalité du palais construit à Villeneuve dans les mêmes années. Tout là-bas a disparu, mais on y trouvait des terrasses, des prés verts, de l'eau, une garenne, une volière, un parc rempli de cerfs, l‘enclos des lions, des paons et des grues couronnées picorant au milieu des fleurs. Là aussi, les plus grands peintres ont oeuvré sous la direction de Matteo Giovanetti dans les appartements qui regardaient & côté de la tour Philippe le Bel, le nouveau palais de Clément VI. 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Grande Chapelle & la Grande Audience 

 

Dans la sacristie nord, un ensemble de moulages restitue au palais les visages de quelques uns d ses visiteurs dont l'empereur Charles IV et sainte Catherine de Sienne. 

 

La Grande Chapelle est prestigieuese malgré sa nudité d'aujourd'hui. L'lmmense vaisseau est inondé de la lumière donné par ses grandes fenêtres à lancettes aux intrados concaves.Le pape  officiait agrand autel, vaste pierre tabulaire tirée des carrières de Barutel près de Nimes.Les murs etaient couverts d‘immenses tapisseries vertes chargées de roses rouges afin de casser les trop fortes sonorités. 

 

Le Révestiaire ou sacristie sud, contient les moulages des gisants des papes. Clément V est enterré à Uzeste ; Jean XXII à Notre Dame-des-Doms, tout comme Benoît XII ; Clément VI est à la Chaise-Dieu ; Innocent VI à la Chartreuse de Villeneuve ; Urbain V était à Saint-Victor, mais avait un cénotaphe à Saint-Martial ; Grégoire XI, mort à Rome eut son tombeau dévasté par les troupes de Charles Quint ; Clément VII était enterré aux Célestins et Benoît XIII mourut à Peniscola, mais il ne reste rien de sa sépulture. 

 

Quinze mètres de large, mais cinquante-deux mètres de long, la Grande Chapelle avec Ses vingt mètres de haut offre un volume de belles dimensions qui se termine par le petit escalier qui va à la chambre des Notaires. De là, on monte sur les toits de l'aile des Grands Dignitaires pour atteindre la terrasse nord dont la tourelle d'angle offre un superbe panorama sur la cathédrale, le jardin des Doms, le Fort Saint André, le petit Palais et cet Avignon dont les toits s'étirent jusqu‘au Rhône. 

 

La descente permet de rejoindre le parvis de la Grande Chapelle. Devant soi,la double porte de la Chapelle Clémentine encadre la statue décapitée de saint Pierre. Le portail mutilé à la Révolution n'offre plus que des débris du Jugement dernier et de la gueule grande ouverte du Léviathan. Pourtant, même si les saints des grandes voussures sont abîmés, les piedroits ont gardé leurs quadrilobes à redents identiques à ceux de Rouen ou de Lyon avec leurs petites sculptures pleines de fantaisie et de malice. De l'autre côté, le parvis ouvre sur la Cour d‘Honneur par la fenêtre de l'Indulgence où le pape bénissait la foule les jours de fête. 

Le grand Escalier descend jusqu‘à la Grande Audience, magnifique salle divisée en deux nefs par une rangée de forts piliers, Les voûtains de l‘angle nord-est sont peints à fresque de grandes figures de prophètes avec à droite : Enoch, Job, Salomon, David, Daniel, Osée, Amos, Sophonias, Johel et la Sibylle ; à gauche : Ezéchiel, Jérémie, Isaïe, Moïse, Abdias, Michée, Nahum, Abacuch, Malachie et Anne. 

 

Le mur lui-même était peint dune fresque représentant le Jugement Dernier, Il n‘en reste rien, mais sous les enduits disparus, on a retrouvé une inscription : «Loci Domine Hughone de Cardolhaco». C’était là que se trouvait la cathédre de Hughes de Cardaillac, juge de la Rote, le grand tribunal du pape, Sur le mur adjacent, une belle sinopia montre le Christ en croix et les principaux acteurs du Calvaire, Tout autour de la Grande Audience, les croisées d'ogive retombent sur de superbes culots sculptés. Un des plus curieux, près de la porte, représente un cochon armé d‘une épée et d‘un bouclier, qui tient une chope dans la patte. 

 

Le circuit de visite se termine par la descente ci travers les salles qui longent la porte de la Peyrolherie jusqu'à la salle de la Théologie où était installé au XIVe siècle l’atelier de vitraux du palais. 

 

Un autre type de visite réservé à des petits groupes, permet de visiter tous les niveaux de la Tour des Anges et d'accéder aux toits, mais de visiter également les niveaux de la tour des Etuves avec en particulier l‘accès à la grande garde-robe peinte de Clément VI. 

 

La barque de Saint Pierre 

 

 

«La barque de Saint Pierre auréolée de créneaux», écrivait Mistral. Le Palais des Papes se définit non seulement par une architecture et des décors, mais aussi par la présence des neuf papes d'avignon. 

 

Quatre principes ont conduit à gérer la gigantesque demeure : l'argent, le droit, la paix, la Spiritualité. 

 

La gestion de l'argent est spectaculaire, elle se fait a travers toute l‘Europe par la récolte de la dîme. Cela facilite l'essor bancaire et les commerces internationaux. Avec les fonds recueillis, on fait construire le Palais, on procède à l'entretien de la cour, on achète Avignon et on fait la guerre contre les Turcs.  

 

Les pontifes et la plupart de leurs 194 cardinaux sont docteurs en droit, civil et canon, ou les deux. Ils sont assistés par toute une administration qui devient la première au monde par son organisation. C'est ce qui permettra à la papauté de résister à tous les orages des siècles suivants. 

 

La recherche de la paix est systématique. Chaque fois qu‘il y a menace de conflit entre des souverains dans l'Europe du XIVe siècle, le pape envoie des cardinaux en légation pour tenter une médiation, trouver un compromis. 

 

Les papes d‘Avignon ont gardé le sens de la croisade, même si la seule qui partit fut celle du Dauphin. La mission a également été un but constant dans des pays aussi loin que la Chine, l‘Inde, la Mongolie, l’Arménie.Ils ont mis en place la Fête-Dieu, la fête de la Sainte Trinité, celle de la Visitation. Leur piété est constante tout comme la mise en ordre des rouages de l‘Eglise, dont celle des Ordres Religieux. 

 

 

 

Le centre de congrès dans les ailes des Familiers et du Conclave 

 

Mais le Palais des Papes a aussi toute une partie transformée en Centre de Congrès. Là, un déploiement de technique contemporaine a introduit dans les lieux, la radio et la télévision. Lors des restaurations, les murs ont été parfaitement respectés et le moderne et l'ancien font excellent ménage. La belle salle des Gardes nord, est aujourd'hui une salle d'accueil voûtée de grandes croisées d’ogive dont l’une porte les armes de Clément VI. Un ascenseur permet d'accéder directement à la Chambre du Trésorier, vaste salle tendue de rouge qui est reliée à la Galerie du Conclave, beau couloir couvert de petites ogive dont tous les culots sont sculptés. Cette galerie dessert également la chambre du Cubiculaire soit le chambrier du pape. 

 

Les congrès se partagent les trois niveaux de l'aile du Conclave. L'ancien grand cellier de Benoît XII, creusé dans le rocher, a été agrandi pour devenir une salle de cinéma. Au-dessus, les appartements des «panetiers et des bouteilliers», soit des damoiseaux qui se mettaient pour quelque temps au service du pape, sont devenus tout simplement la «Paneterie», c'est-è-dire, un changement de nom par l'usage. Enfin, la grande salle du Conclave, a retrouvé sa voûte en bois en carène renversée. C‘est un superbe vaisseau où étaient reçus les hôtes du pape Jean-le-Bon et Charles VI, rois de France, l'empereur Charles IV, le roi d’Aragon ; les ducs de Berry, de Bourgogne, d'Orléans. Dans l'angle nord-est et sur la paroi orientale, on a retrouvé des morceaux du décor fait pour Clément VI. Dans des étoiles ou des écussons, on retrouve, alternés, les blasons de ce pape et les clés de l'Eglise Sur des colonnes torsadées, c'est un véritable reflet du luxe de la cour qui apparaît en trompe l'oeil. 

 

En traversant la salle aux Quatre Fenêtres dont les culots ont été sculptés juste avant guerre par le sculpteur Paul Mérindol, on gagne la galerie du Conclave qui dessert Trésorier et Cubiculaire. A son extrémité, un escalier rejoint le Grand Promenoir en grande partie ruiné, mais qui garde la grandeur de ses 36 m de long sur 7 m de large. A son extrémité orientale, une très belle tête d'homme barbu est restée en place ; à l'extrémité occidentale, une porte aux profondes moulures en tiers point donne accès à une salle haute de la tour de la Gâche. 

 

Le Palais des Papes est un monument historique aux activités multiples : musée de peinture et d'architecture, Centre International de Congrès : il reçoit aussi pendant l‘été, le Festival de Théâtre d’Avignon créé par Jean Vilar depuis 1947. Toute la partie nord reçoit les archives départementales. Il y eut pendant longtemps un archiviste de talent, M. de Font Réaux qui avait eu la surprise en prenant ses fonctions à l’après-guerre de trouver des dizaines de fusils Lebel sur des rateliers d'armes. Cet homme affable, était souvent distrait. Un jour, il monta à Paris chercher la Rose d'or prêtée par le musée de Cluny pour une exposition sur les «Centenaires pontificaux». Un comité de réception l'attendait à la gare pour assurer la protection de cette pièce très précieuse ; on eut la surprise de le voir descendre du «Mistral», la fameuse Rose d'or à la main, enveloppée dans du papier journal, brillante de tout son or constellé de saphirs. 

 

 

 

Le Petit Palais 

 

La place du Palais dessert également le Petit Palais. Au XIVe siècle, l'ensemble était couvert de maisons, de petits champs et de ruelles. C'est à cause du premier siège que l’on détruira les maisons qui interdisaient de défendre le palais, entre les mois de décembre 1403 et mai 1404. Traduisons ce qu‘en dit la chronique de bourgeois Bertrand Boysset : «L'an 1403, du mois de décembre, janvier et jusqu’à mai, furent démolies les maisons qui étaient entre le grand et le petit Palais, jusqu'au pont du Rhône ; et après, on commença à bâtir de grands murs sur la Roque de Notre-Dame-des-Doms grâce auxquels étaient reliés le grand Palais au Petit Palais et à la tour du Pont, de telle façon que le pape Benezeg (Benoît XIII) et les autres après lui puissent entrer et sortir du Palais». 

Le Petit Palais qui ferme la place au nord est le résultat de quatre campagnes de construction principales. A l‘origine, on trouve ici deux palais cardinalices juxtaposés. Celui de Bérenger Frédol le Vieux (1309-1323) dont il subsiste le bâtiment au-dessus de la falaise, identifiable par Ses blasons peints, et celui de Arnaud de Via (1316-1335) installé sur la terrasse du rocher et qui peu à peu va grignoter le premier palais pour devenir le Petit Palais actuel. Au XVe siècle, le légat Giuliano della Rovere apporte de grandes transformations au palais des évêques qui devient ainsi grâce à sa nomination par son oncle le pape Sixte IV, celui des archevêques. La façade notamment est construite aux deux tiers. Le XIXe siècle, sous l'impulsion de l'archevêque Dubelay, va allonger cette façade et lui donner son aspect définitif. Le Petit Palais est aujourd'hui un Musée consacré aux Primitifs Italiens, soit des oeuvres peintes sur bois du XIIIe au début du XVIe siècle. Plus de trois cent tableaux provenant de la collection Campana pour l'essentiel, des réserves du Musée du Louvre, des réserves du Musée de Cluny, du Musée Calvet et d'achats récents, composent le plus grand panorama mondial de cette peinture dans son évolution et la variété de ses écoles. 

 

Parmi les oeuvres importantes du Musée, la présentation des sculptures romanes récupérées en Avignon et dans la région, donne un aperçu de la richesse de cette école dans la vallée du Rhône. On y a ajouté les vestiges de la sculpture funéraire des tombeaux pontificaux et cordinalices dont les témoins sont d’une rare qualité, notamment le gisant d'Urbain V, les statuettes du monument de Philippe de Cabassole et les restes de celui de Jean de la Grange avec son fameux «transi» sculpture décharnée révélatrice de la sensibilité des gens du XIVe siècle devant la mort. 

 

La grande Maesta du maître de 1310 avec les donateurs Paci, vient de Pistoia. La petite Maesta entre Saint-Pierre et Saint-Paul du Maître de Santa-Maria dei Servi à cette élégance raffinée venue de Sienne. Une Vierge à L'Enfant de Taddeo Gaddi met en valeur le sens de la construction florentine. Taddeo di Bartolo, suennois de la seconde moitié du XIVe met en évindence les qUah'rés plashques d‘un style vigoureux, alors qu‘à Florence, le Maître de Sainte-Verdiana accentue par la couleur la présence des personnages. 

 

Une magnifique série de Giovanni di Paolo met en valeur la qualité des recherches du milieu du XVe siècle, dont l'aboutissement sera l'apparition progressive d'une peinture profane présentée ici avec les panneaux de coffre de Domenico di Michelino. Le Maître de la Madone de Buckingham Palace prouve le changement de style en affirmant ses qualités renaussantes. La Vierge à l'enfant de Sandro Boticelli fait partie des chefs d'oeuvres du Musée, Tableau tout de quiétude et de charme. Parmi les écoles les mieux représentées, celle des Marches où l’archaïsme reste de mode à la fin du XVe siècle, est figurée par Ludovico Urbani ou Vittore Crivelli. Libérale de Verone, le Scacco, Francesco di Giorgio, Giovanni Massone sont autant de peintres dont les grandes qualités illuminent la fin du Siècle. 

 

L‘oeuvre la plus importante du Musée reste cependant la Sainte Conversation de Vittore Carpaccio où la richesse descriptive, la profondeur des couleurs et le sens du paysage, l’ampleur de la description de la Vie érémitique, se mettent au service d'un soleil couchant au moment où la famille du Christ se retrouve pour une scène familiale. 

 

L' «Ecole d‘Avignon» est, bien entendu, une des sections maîtresses du Musée. Par ses peintures des XIVe et XVe siécles, dont il faut compléter la visite par celles du Palais des Papes, de la Chartreuse et du Musée de Villeneuve, Avignon est en tête de la révélation en territoire français de cette peinture d’origine italienne. Les courants nord-sud feront de cette capitale un centre du gothique international d‘où jaillira l'oeuvre dEnguerrand Quarton. 

 

Les Cassonni Campana 

Les quatre panneaux du Maître des Cassoni Campana sont autant de pièces maîtresses à la gloire de la mythologie qui décrivent les «Amours de Pasiphaé, la Prise d’Athènes par Minas, Thèsée et le Minotaure, Ariane à Naxos». 

 

En réalité, ces peintures étonnantes relatent sous le voile de l‘allégorie, la chute des Médicis à la fin du XVe siècle et leur retour triomphal dix huit ans plus tard. Les «Amours de Pasiphaé» font référence à la période monstrueuse de 1494 où les troupes françaises de Charles VIII envahissent la Ville, obligeant Pierre II à la fuite : a la prise de pouvoir de Savonarole jusqu‘à son bûcher en 1498. 

 

«La prise d Athènes par Minos» renvoie à toutes les anarchies qui s‘ensuivent ; les ravages de César Borgia en 1501 ; la nomination de Tommaso Sodermi comme gonfalonmer de justice & we, en 1502, jusqu‘à sa démssmn dix ans plus tard ; la sortie des Français par les Espagnols du royau. me de Naples en 1504 tandis que les Médicis tissent une autre toile pour reprendre le pouvoir. 

 

L‘histoire de «Thésée et le Minotaure» montre le surpassement des épreuves par le beau chevalier en armure. Le long du plat bord de son navire, sont peints huit écus : les boules de gueules des Médicis, les trois massacres de cerf des Soderini, le coupé au rameau fleuri de Malaspina, la fasce d‘argent au chef d‘Anjou donné a l'ambassadeur Giovanni di Ristoro di Jacopo en 1410, de Serristori,les trois bandes vivrées de Sessi et sur le rang supérieur : le dextrochére armé de Bracciesi, le chevron de gueules avec trois étoiles d'or de Scarlatti et les trois bandes bretessées de gueules de Salviati. Julien, le propre fils de Laurent le Magnifique, revient dans la ville le 2 septembre 1512, bientôt rejoint par son frère, le cardinal Jean Avec leurs compagnons, ils terrassent le monstre populaire mis en place par Savonarole et remplacent ces institutions par des magistrats de confiance. 

 

Il ne reste plus qu‘à célébrer les noces de cette incroyable retrouvaille entre Florence et Médicis, sous la forme des «Amours d‘Ariane à Naxos». Soderini, comme Egée, tombe dans l'oubli en 1512, alors que Ariane/Florence emportée par l'ivresse de l'amour renouvelé, succombe aux charmes de son prince, le dieu inattendu. Le luxe et l'opulence reviennent, le cardinal Jean devient le pape Léon X en 1513. 

 

En 1497, apparaissent sur un blason du palais d’Arnolfo di San Giovanni Valdarno, la tiare et les clés croisées données par Paul III entre 1464 et 1471 à Giovanni Vittorio di Tommaso Soderini. En 1515, le pape Léon X accorde à Francesco di Averardo di Antonio Serristori le titre de comte du Sacré Palais de Sa Sainteté le pape Léon X avec l'honneur d‘ajouter à ses armes, un pal d'azur chargé de trois lis d'or et des lettres L. X 

 

C‘est donc entre la fin du XVe siècle et Sans doute 1512 qu'ont été réalisés par un peintre toujours inconnu, les quatre panneaux des coffres Campana du Petit Palais. 

 

                        

 

 

Enguerrand Quarton 

 

L‘historien d'art Luc Ta-Van-Thinh a publié en 2002 un nouveau livre sur «Enguerrand Quarton, peintre de l'Unité». Il y expose la thèse que la salle du rez de chaussée du Petit Palais où se trouve le «retable du chanoine Requin», attribué depuis bien longtemps à ce peintre presente d'autres œuvres à lui attribuer : le «Pierre de Luxembourg en extase» et le grand «saint Siffrein». L'auteur insiste sur le fait que cette dernière oeuvre provient de Carpentras, puisque y figure le Saint Mors, emblème de cette ville et de saint Siffrein. Il lie naturellement à cette peinture, le «Couronnement de la Vierge» dela cathédrale de Carpentras ldentifié par les armoiries des La Plane et le vitrail de l’évêque Michel Anglici sur une verrière de la chapelle près du choeur. 

 

Peut être peut on ajouter à cette liste d'œuvres provenant ou étant de Carpentras, le «Retable Requin».La Vierge à l'enfant y est entourée par saint Jacques et un saint évêque qui ressemble tant à saint Siffrein! Mais surtout, la chasuble de l'enfant a son col brodé d‘un large collier festonné auquel est appendu une croix entourée des clous de la Passion. Sur le collier le peintre a réussi à peindre deux cercles d’une série de quatre, séparés par les lettres «JHS» que Sterling appelle des «lettres sarrasines».Nous pensons que ces cercles sont des blasons stylisés ; ils portent une croix recroisettée d‘azur qui est le meuble de la famille carpentrassienne des Rafelli. Pithon Curt dans son «Armorial de la noblesse du Comtat Venaissin», +.IV, p.559, écrit que Pierre de Ratelli épouse à Carpentras en 1453, Marie Moroné : parmi les témoins du mariage figure Jean de La Plane... 

 

 

 

Le transl du cardinal de La Grange 

 

Parmi les sculptures exceptionnelles du Petit Palais, se trouvent le gisant du pape Urbain V et le buste de Clément VII. Ils sont environnés de têtes de gisants de cardinaux et de statuettes qui ornaient leurs tombeaux. De plus, l’ancienne Chapelle met en valeur les superbes vestiges du tombeau du cardinal de La Grange. Cette oeuvre de dix sept mètres de haut était installée dans l'ancienne église Saint Martial. Malheureusement il ne reste que des statues isolées des cinq registres de la vie de la Vierge qui illustraient ses aspirations et sa carrière : Ainsi subsiste un beau Christ assis et une statuette d‘apôtre, mais aussi la Vierge et l'ange de I”Annonciation, sainte Marie-Madeleine et saint Jacques, le roi de France Charles V dont il fut chancelier et Son fils aîné. Les pièces les plus frappantes sont le gisant mitré, au corps couvert de sculptures minutieuses et surtout le «transi», la représentation du corps desséché prêt a disparaitre en poussière. Ce cardinal (1375-1402) fut souvent controversé car du parti du roi de France. Cela ne l’empêcha pas de remplir plusieurs missions pour rechercher la paix entre France et Angleterre, mais aussi entre la papauté et les Florentins. Il était évêque d’Amiens. A sa mort, on fit cuire le corps pour détacher les parties molles qui furent envoyées dans un tombeau de la cathédrale d‘Amiens et on conserva les os en Avignon. 

 

Le Musée du Petit Palais renforce aussi ses collections : quatre médaillons à têtes de prophètes de Simone Martini, un magnifique saint Jean de Taddeo di Bartolo, un ange Sculpté portant les armoiries des La Sale provenant de la livrée de Florence... 

 

Des jugements exemplaires 

 

C'est sur la place du Palais qu'eurent lieu de nombreuses exécutions capitales. Ainsi une tentative des Hughenots pour prendre la ville, aboutit à une répression et l'arrestation de six chefs : Le 23 janvier 1581, Pierre Lombard qui s’est suicidé quelques jours avant avec un clou, Etienne de la Salle, Georges Siroque, Claude de Cambis, Baptiste de Fontaines Rousses et Claude de Soubiratz sont pendus devant le Palais des Papes. A huit heures du soir «on recula les potences les unes des autres, et y ayant esté mis un poutre par-dessus, ils furent tous pendus derechef par un pied où ils demeurèrent jusque entre midy et une heure du mardy, auquel temps on leur rompit les cordes, et le bourreau leur ayant coupé la teste, les mit dans un sac pour les mettre aux murailles de la ville et leurs corps furent portés par le bourreau dans un petit chariot à la Magdeleine et furent enterrés au cimetière.» 

 

Par contre, en 1774 SOUS le vice-légat Filomarino : «La Martine a été pendue pour avoir empoisonné son mari avec une omelette, par sollicitation de l’abbé Rousset, son amoureux ; l'abbé a été condamné pour son crime aux prisons perpétuelles pour le restant de ses jours. 

 

Olivier a été massolé pour avoir tué sa femme avec un couteau par jalousie, ayant cru Ses camarades tondeurs de laine à Arles lui disant qu‘il portait des cornes et que sa femme avait commerce avec le curé.» 

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