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Par Liliane & Francis, Janvier 2024

LES REMPARTS D'AVIGNON 2

Les signes lapidaires

 

Il existe, à la partie supérieure des murailles, environ 4500 signes plus ou moins effacés et cachés. Ils ont été taillés, gravés, dessinés avec des ciseaux, gravelets ou polkas. On dénombre cinq cents modèles différents : les lettres A, H, K, M, O, R, V, Y, des outils, des croix, des clés, des chiffres romains…

 

Ils ne sont ni un alphabet crypté de tradition occulte, ni l’indication d’un trésor dissimulé, ni les éléments d’une phrase biblique, mais des marques de tailleurs de pierre. Ils permettaient de contrôler la qualité de l’ouvrage - technique de pose, d’appareillage, de taille, d’assemblage, de localisation - de les comptabiliser  et d’identifier l’ouvrier afin de le rémunérer. 

 

On estime ainsi le nombre de tailleurs de pierre entre 2500 et 5000, sans compter ceux qui travaillaient dans les carrières et les terrassiers qui creusaient les fondations et les fossés.

XV & XVIème siècles

Ci-dessus, carte aux personnages de Braun & Hogenberg -  Archives municipales Avignon

A  gauche, miniature du Maître de Boucicaut - XVème siècle - Bibliothèque nationale

Sur le plan de Georg Braun, théologien et éditeur, et du cartographe Franz Hogenberg, gravé en 1590, figurent les fossés sur le pourtour du rempart et les ravelins des portes saint Lazare et saint Michel.

 Désaffectation aux XVII & XVIIIème siècles

Sur ce plan de 1649 extrait de l’atlas Frederik Willem van Loon,  on peut voir le détail des deux portes successives du Portail Magnanen et le ravelin de la porte saint Lazare.

Au début du XVIIème siècle, 38 arceaux encombrent la ville, dont les anciennes portes du premier rempart. « Les murailles anciennes d’Avignon estoient doubles tout à l’entour de la ville et sont demeurez encore entiers quasi tous les portaux doubles, avec les vieilles lices, belles et spacieuses entre deux » (Père André Vladier, 1601)

À partir du XVIIIème le mur d’enceinte ne joue plus un rôle prépondérant dans la défense de la ville et les fossés sont comblés au profit « d’allées », promenades très prisées des citadins. Un certain père Labat se moque des remparts en 1731 : « Si les boulets de canon n'étaient remplis que de vent, les remparts pourraient résister quelque temps. »

 

En 1750, on démolit l’arc intérieur des portails Magnanen, Imbert, Bocquier ; en 1764, le portail des Infirmières ; en 1783, le portail Fract (ou Pont Rompu au bout de la rue des Trois Faucons)…

En plusieurs endroits les merlons sont rasés, on aménage de nouvelles portes du côté du Rhône car la principale voie d’accès à Avignon, pour les voyageurs comme pour les marchandises, reste le fleuve par la porte du Rhône et l’imposante porte de la Ligne, dues à Jean-Pierre et Jean Baptiste Franque entre 1755 et 1760.  

 

Elles deviennent plus décoratives que défensives : la fonction symbolique a pris le pas sur la fonction pratique, même si remparts et portes jouent toujours, également, un rôle de protection contre les crues.

Merlons off.jpg

Merlons disparus

Emplacement des batardeaux en protection contre les crues

La Porte de la Ligne début XXème et de nos jours (beaucoup de panneaux)

La « seconde » chapelle saint Nicolas

 

Les chapelles édifiées sur le pont saint Bénézet menaçant souvent d’être emportées par les crues, la confrérie des bateliers et rebeiriers (hommes d’équipage qui aident aux manœuvres) décident en 1693 de construire une seconde chapelle saint Nicolas et achètent un terrain contre le rempart, face au pont.

Les travaux ne seront terminés qu’en 1732 et on y célèbre les offices jusqu’en 1856, date à laquelle l’inondation catastrophique la détruit. Dans les années 1980, une restauration relève quelques murs et le clocheton.

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