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Rue de la Balance

Vierge en prière

1 -  Rue de la Balance

 

Cette rue, après la rue Bancasse et la rue Bouquerie, fut la « grande rue » d'Avignon et elle garda longtemps ce titre car elle partait de la place principale et menait au pont et au Rhône. Elle continue de partir de la place principale de la ville et de mener au pont, mais les seuls véhicules qui l’empruntent sont ceux des riverains. 

 

Au Moyen Âge, elle était la Ballanciarum Caloterie. Mais elle a porté successivement d'autres appellations, lorsqu’elle était composée de plusieurs tronçons, du XIV au XVI ième siècle :

 

rue de la Lancerie, de la place du Puits-des-Bœufs jusqu'à la rue Saint-Étienne

 

rue de la Miraillerie, des Miroirs (alors que les miroitiers se trouvaient dans la rue du Bon-Parti), de Mirault, de Mirolio (car le cardinal de Mirolio, évêque de Genève, promu cardinal le 12 juillet 1385, par son compatriote, l’anti-pape Clément VII. Sa livrée allait  de la rue Saint-Étienne à la rue Pente-Rapide. 

 

Presque en face de la livrée du cardinal de Mirolio, dans la rue de la Balance, et près d’un endroit dont nous ne connaissons pas la nature, mais qui se nommait Aspiran, se trouvait la livrée de Pierre  de Prato, que Jean XXII fit cardinal en 1320, et qui mourut en 1361. 

 

Il eut pour successeur, dans ce palais, Pierre de la Tourroie, évêque de Maillesais, que l’anti-pape Clément VII, en 1385, avait fait cardinal du titre de Sainte-Suzanne. 

 

En 1409, au plus fort du siège du Palais contre les Catalans qui l’occupaient pour l’anti-pape Benoît XIII, le pape Alexandre V institua le cardinal de Tourroie son vicaire général et le légat dans la ville d’Avignon et tout le Comté Venaissin.

 

Le reste de la rue était appelé rue de la Reille à cause de la rue voisine.

 

La rue de la Balance : Elle doit son nom à l’enseigne d’une auberge dans laquelle se déroulaient des transactions commerciales.

 

Un fabricant d’instrument de pesage qui avait sur sa porte une balance pour enseigne. Le balancier ajusteur vint-il de la rue de l’Officialité transférer son atelier et son enseigne dans la rue voisine ? C’est ce que nous ignorons.

 

C‘est ici la partie la plus ancienne d’Avignon, au pied du Rocher des Doms, mais l'histoire de la rue commence, elle, au XIVe siècle avec les installations cardinalices.

 

 

2 - De Ia place du Puits-des boeufs à la rue du Puits-de-Ia-Reille -

 

 

4 - 6 - les N° 35 et 37 appartiennent à l'hôtel de Suarès d’Aulan. C'est ici que naquit Joseph Marie Suarès qui fut évêque de Vaison la Romaine de 1633 à 1666 avant de devenir bibliothécaire du Vatican où il mourut en 1677. On lui doit de nombreuses recherches sur l'histoire d’Avignon. Ses manuscrits conservés a la Bibliothèque Vaticane et à la Bibliothèque Nationale restent très précieux pour la connaissance du vieil Avignon. 

 

 

5 - Le 13 octobre 1946, fermeture nationale des maisons closes en application de la loi Marthe-Richard. Depuis 1851 environ, de nombreux établissements avaient le droit d’accueillir des péripatéticiennes et la rue Balance en comptait quelques-uns. 

 

En août 1874, un nouvel arrêté municipal déclare que la rue ne fait plus partie des rues autorisées à la prostitution.

 

C‘est André Malraux, alors ministre de la culture qui est à l’origine du sauvetage du quartier de la Balance. Cette rue qui doit son nom à une enseigne d'auberge médiévale était devenue un véritable cloaque, à la suite de l'appauvrissement du quartier. Dans l‘Avignon d'après-guerre, c'était le quartier des «caraques», surnom donné autrefois aux gitans d’Avignon. 

Très populeux, le quartier étant en revanche complètement démuni du confort le plus élémentaire lorsque ses habitants furent délogés et transférés en grande partie aux HLM de la Croix des Oiseaux.

 

Mais la rue Balance, c’est aussi le souvenir de «CrunCrun», ce bonhomme qui au début du XXe siècle amusait les Avignonnais et leur faisait peur, parce qu'on disait qu'il avait le corps couvert d'écailles de poisson, Crun-Crun est l‘Avignonnais qui a été le plus souvent représenté en carte postale sous l'appellation «homme de la rue». Jean Denis Longuet nous le racontait autrefois : «Vous vous souvenez de la fois où on l'avait habillé en danseuse. Sa soeur lui avait donné vingt sous pour qu'il ne ridiculise pas la famille en se travestissant ainsi. Comme M. Hughes, le coiffeur de la rue Balance lui avait donné quarante sous pour qu'il se travestisse, ce jour-là, Crun-Crun gagna ses trois francs».

 

7 - Quant à ceux de Miraillerie ou des Miroirs, donnés par les modernes au milieu de la rue de la Balance, ils pourraient faire croire que les miroitiers y avaient concentré leur commerce tandis que c’est à la rue du Bon Parti que devaient aller ceux qui voulaient avoir la satisfaction de se contempler dans une glace de Venise ou autre.

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