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Rue de la Banasterie

Vierge à l’enfant

1 - Rue de la Banasterie

 

Cette rue était autrefois partagée en plusieurs morceaux, chacun d’eux ayant une appellation différente, même si le nom de Banasterie existait déjà au Moyen Âge. 

 

La rue de la Banasterie elle-même se situait de la rue Sainte-Catherine à la chapelle des Pénitents noirs de la Miséricorde.

 

La portion entre la rue de la Petite-Saunerie et la place Henri-Manguin était le prolongement du marché aux volailles et s’appelait rue de la Poulacerie-Antique. 

 

Mais aussi, carriera di Guerindoun, car pour la Fête-Dieu, la rue était décorée de cerceaux autour desquels on attachait des branches colorées et terminées par des losanges de cristal comme sur les girandoles (sortes de chandeliers).

 

La Sorguette, qui était en fait la Durançole, il ne reste que l'égout qui se trouve au bout de la rue. Un des derniers vestiges de l’ancienne enceinte, le pied droit de la porte Aurose, était encore visible au bout de cette rue au début du xx‘ siècle ; les autres piles de cette porte ont été volontairement démolies en 1751.

Cette porte devait son nom au vent auquel elle était plus particulièrement exposée, et qu’on appelle auro en langue provençale. Le plus grand nombre des arceaux de ces anciennes portes fut démoli, en vertu d’une mesure générale en 1751.

 

Le reste de la rue avait pris, à partir de la chapelle, le nom de rue de la Miséricorde. 

 

La rue Banasterie : Les “banastes” étaient des corbeilles. La chapelle des Pénitents Noirs se trouve contre la prison.

 

 

2 - De la rue Petite-Saunerie au rempart de la Ligne -

 

3 - Avant 1843, la partie de cette rue comprise entre la PetiteSaunerie et la rue des Ciseaux d’or, se nommait la Poulacerie antique, parce qu’on y vendait anciennement la volaille et le gibier. 

On appelait encore cette partie de la Banasterie la carriero di Guerindoun, à cause de certains ornements qu’on y suspend pour la Fête-Dieu. 

Ces ornements se composent d’un cerceau tout autour duquel pendent des franges omnicolores terminées, comme les girandoles, par des losanges de cristal.

 

Des Ciseaux d’or, à la rue Sainte-Catherine, la Banasterie s’appelait jadis la rue de Saint-Symphorien, à cause de l’ancienne église collégiale et paroissiale dédiée à ce Saint,et dont la façade, aujourd’hui bien dénaturée, porte le n°14.

 

Après 1843, la rue tout entière a pris le nom qu'elle a actuellement ; elle est l'une des plus anciennes et des plus longues rues de la ville.

 

5 - De la porte Aurose à l’Escalier de Sainte-Anne, la rue de la Banasterie comprend un certain nombre de petites maisons habitées par des cultivateurs ou des artisans pauvres. On les vit, en 1815, presque tous ardents fédéralistes. Et l’attachement qu’ils manifestèrent pour Napoléon 1er fut si vif que leur quartier mérita d’être appelé l’Ile d’Elbe, comme, à la même époque, le nom de Vendée était appliqué aux Fusteries.

 

 

4 - 6 - De la place Henri-Manguin à la rue Sainte-Catherine, c’était la rue Saint-Symphorien ;  à cause de l'église (érigée en collégiale en 1591 et consacrée en 1602) qui se trouvait alors au numéro 14 de la rue. 

 

Cette église avait été reconstruite au XVI siècle. Il ne reste d'elle que la tourelle d’escalier visible sur la petite place Henri-Manguin. 

 

Cette église faisait partie des sept paroisses de la ville et le cimetière rattaché à cette paroisse se trouvait à côté de l'église, vers la rue Armand-de-Pontmartin.

 

N°78, à l’angle avec la rue des trois Colombes, lieu où fut fondée en 1737 une des premières loges maçonniques de France du rite écossais par M. le Chevalier de Ramsay (1686-1743).

 

 

Au N°25, nous avons l’hôtel Cohorn de Limon du XVII°. On y trouve les armoiries de la famille Cohorn qui était d‘origine scandinave : un homme portant un sapin. La devise figure au phylactère “Faire sans dire”.

 

L’hôtel Madon de Châteaublanc date de 1687 et fut dessiné par Pierre Mignard. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont protégées par d’énormes grilles. La porte est ornée de magnifiques heurtoirs en bronze représentant un mufle de lion. La cour est recouverte de galets, l’artiste Henri Barrelet y a représenté la comète de Halley qui fut visible en 1759.

 

L'hôtel Madon de Chateaublanc est ou N° 13. Construit par Jean-Pierre de Madon à la fin du XVIIe siècle sur les plans du chevalier Pierre Mignard, il est un des plus intéressants de la cité. Il fut la propriété de Sixte Isnard qui y mourut en 1845, léguant ses biens à la commune sous la condition qu’elle réalise un hospice ce qui sera fait. En 1853, vendu aux enchères, l’hôtel est acquis par Auguste Palun. Son fils, Adrien fut le mécène qui donna la belle maison de Salviati à l'Académie de Vaucluse. C’est là que naquit sa fille Amélie en 1873. Un mariage heureux en 1893 avec René d‘Adhémar, se termine en catastrophe : le comte meurt dans l'incendie de la villa les Rameaux à Villeneuve, en 1908. La grande guerre arrive, Amélie se fait infirmière et dirige en gare d’Avignon le centre de la Croix Rouge. Elle mourut en 1955 dans son domaine de la Gache à Saint Rémy de Provence. 

L'hôtel appartient aujourd'hui à la M. Guy de Camaret, Bailli de l'Ordre de Malte et à Mme Martel. Sa façade & fronton est entourée par deux pavillons d‘angle. De belles sculptures encadrent les fenêtres soulignées par des mascarons. Le vestibule d'entrée a conservé son plafond peint à la française. 

 

L'escalier, à droite, est bordé par une belle rampe en fer forgé, il est porté par une trompe d'angle remarquable. La cour intérieure est couverte d‘une calade au centre de laquelle est dessinée la comète de Halley qui passa dans le ciel avignonnais en 1759. Les lettres M.C. figurent le chiffre des Madon de Chateaublanc. Beaux meubles et peintures de maître ornent les salons de l'étage. Celui du nord est agrémenté par un orgue. Des médaillons représentant Apollon, Bellone, Diane et la Renommée ornent les dessus de porte et sont dus à Antoine Vernet. 

 

 

 

Dans la rue Banasterie étaient anciennement :

 

  • L’église paroissiale de SaintSymphorien, érigée en collégiale en 1591

  • La Congrégation des Pauvres Femmes fondées en 1721,établie en cet endroit en 1735

  • L’Aumône de Notre-Dame de Salvation ou Saunaison, dont la fondation remontait au moins au XIVe  siècle, et qui fut unie en 1559 au grand hôpital

  • L’hôpital de Notre-Dame de Fenouillet, autrement dit Zeritum, dont l’existence était antérieure à l’année 1274 et sur l’emplacement duquel se sont établis en 1586 les Pénitents de la Miséricorde et, en 1691, la maison des Insensés. Ces deux derniers établissements subsistent encore.

 

 

 

N° 15 : l'ancienne maison Fioravanti, famille originaire de Boulogne fut achetée en 1853 par le notaire Pau Giéra, un des sept fondateurs du Félibrige. Il mourra dans cette maison en 1861. 

 

N° 23 : hôtel de Bonetti , du XVIIe siècle. A la Révolution M. de Bonetti sera arrêté et guillotiné à Lyon en l'an II. 

 

N° 25 : l'hôtel Limon de Cohorn fut construit par Gabriel de Cohorn en 1703. Cette famille a une origine suédoise. Le premier à être venu en Avignon fut Pierre de Cohorn qui se réfugia dans les Etats Pontificaux au XVe siècle, à la suite d'un duel. Sa très belle pierre tombale où il est représenté en armure se trouve toujours dans la première chapelle du côté de l'Evangile, de l'église de Montfavet. 

 

N° 26 : la maison de Costebelle avait été acquise en 1735 par l'abbé Jean-Pierre Calvet pour y installer la congrégation des «Pauvres Femmes» qu'il avait fondée en 1712. Il y fera construire une chapelle. 

 

Entre les N° 37 à 45, se trouvait au XIIIe siècle l'hôpital de Notre-Dame de Salvation. Au XIVe siècle, un cardinal installa ici sa livrée appelée plus tard, livrée de Viviers Antique. Au XVe siècle c'est la grande famille des Boucicaut qui s'y implante pour un siècle. 

 

L'hôpital, de son côté, finira par péricliter et sera uni en 1459 à l'hôpital des Pèlerins du portail Matheron. 

 

Au niveau des N° 49 et 51 se trouvait, dans la première enceinte d‘Avignon, l'emplacement de la porte Aurose, la porte du vent, qui deviendra la porte du Rhône ou la porte d'Orange. 

 

N°48 : la maison Bedoiseau a une façade NéoGothique qui a abrité durant un siècle une dynastie de fabricants de vitraux. 

 

N° 55 : les Pénitents Noirs. En 1259 se trouvent à cet endroit les frères de la Pénitence de Jésus-Christ qui occupent le prieuré de Notre-Dame de Fenolhet (ou Fenouillet). 

 

En 1541, les Pénitents Bleus leur succèdent pour un demi-siècle, puisque cinquante ans plus tard ils auront leur chapelle en bordure du cloître des Carmes. Ils sont alors remplacés par la Compagnie des Pénitents de la Miséricorde, en 1591.

 

Ces confrères sont placés sous le titre de la Décollation de Saint Jean-Baptiste (dit aussi Saint-Jean Degoulhas) qui avait été fondée en 1586 par Pompée Catilina, colonel de l'infanterie pontificale. 

 

 

N° 55 bis était la maison d‘arrêt d‘Avignon . La dernière exécution capitale se déroula devant la porte de la prison le 15 février 1936. Michel Nicolini dit le Corse, condamné pour assassinat le 31 octobre entendit dresser les bois de justice à cinq heures du matin ; il entendit la messe et communia, fit écrire une lettre à ses parents (il était illettré), but un verre de rhum, fuma une dernière cigarette et  fut guillotiné à 6h 20. 

 

N° 57 : au XVIe siècle se trouvait ici, la maison de la famille de Bus dont César fut le fondateur des Pères de la Doctrine Chrétienne. 

 

N° 58 : à la fin du XVIIIe Siècle, le porrefaix Jean Louis Roux avait épousé Elisabeth Royer, dite la Ratapiole. Elle fit le coup de feu à la Révolution avec les patriotes. Arrêlée le 21 août 1791, elle fut emprisonnée au Palais et fut témoin du massacre de la Glacière. Elle fut une des rares rescapées de cette affaire. 

 

N° 78 : au coin de la rue des Trois Colombes, le chevalier de Ramsay fonda en 1737 la Loge Maçonnique de Rite Ecossais qui devait durer jusqu'en 1742. 

 

7 - Les vanniers ou fabricants de banastes, sortes de grands paniers en osier très utilisés par les débardeurs du port, ont habité cette rue à une date très ancienne ; la rivière qu’on appelait Sorguette et qui était en fait la Durançole se jetait dans le Rhône à l’extrémité de cette rue et la matière première, les broutières de saules qui s’entassaient la, apportait suffisamment de travail à ces artisans.

 

Anciennement, la Sorguette se jetait dans le Rhône à l’extrémité septentrionale de cette rue, et les broutières de saule, qui abondaient sur les bords du fleuve et sur ceux du canal alors mal encaissés, fournissaient abondamment la matière première de l’industrie qui s’exerçait dans le voisinage.

 

L’ancien quartier des vanniers a laissé son nom a une des rues aristocratiques de la ville. C‘est aussi une des voies les plus longues, puisqu'elle va de la place Saint-Pierre aux Remparts.

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