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Voilà notre mère.

Bas-relief récemment disparu

   Cette rue datant du Moyen Age s’est d'abord appelée rue du Sauvage d’après « l’Auberge de l'Homme Sauvage », puis saint Géniès en raison de la présence de l’église du même nom.

  

L'unification de plusieurs rues et ruelles a formé la rue actuelle. La rue de la Verrerie regroupait les marchands de verre. En 1781, Jean de Ferre était célèbre pour son travail de verrier.

La rue de la Pelleterie ou Pelisserie était celle des pelletiers et fourreurs ; elle devint rue Coyraterie, le marché aux cuirs, dont la petite place du Père Eternel, était le centre. Les habitants avaient formé une association charitable, l’Aumône du Marché.

 

L’égout de Cambaud, qui recevait les eaux de la rue, portait le nom d’une famille à laquelle appartenait la maison située au-dessus. Jean Cambaud se distingua pendant les guerres de religion par sa sagesse et sa modération.

    L’ouverture des égouts étant assez grande, les malfaiteurs pouvaient s'y glisser  et ressortir plus loin sans être vus, ce qui fit naître des légendes sinistres. On racontait que l'une des servantes de la famille Cambaud était envers les mendiants d’une dureté révoltante. Elle ne leur donnait jamais rien et préférait même jeter dans les égouts les restes de repas plutôt que de leur en faire l’aumône, ce qui attirait des bandes de chiens dont les aboiements gênaient le voisinage. «Dieu voulut que cette malheureuse endurât son enfer sur la terre tant que le monde durerait, et pour cela, il fit passer dans le corps d’un chien l’âme qui venait de quitter son enveloppe humaine. Ce chien, sans maître, ne recevait que des coups, et il en était réduit pour vivre aux os qu’il trouvait dans l’égout de Cambaud. Quand le trou Chapolat débitait dans la Sorguette un peu plus d’eau qu’à l’ordinaire, ou que les eaux des ruisseaux enflés par les pluies faisaient entendre en tombant dans l’égout comme un long grognement, les voisins se disaient avec terreur : Entendez la servante de M. Cambaud, comme elle ronge son os !»

Le premier métier à tricot d'Avignon, activité qui donna le nom de Bonneterie par la suite, fut établi dans la maison Cambaud et fonctionna jusqu'à la fin du XIXème siècle. Ce sont des émigrés britanniques catholiques, "tricoteurs au métier" qui divulguèrent la technique entre 1662 et 1665, avec un succès immédiat jusqu'à Orange et Nîmes.

Fresque aquatique au sol

Outre la maison natale du peintre Joseph Vernet au n° 17, la rue de la Bonneterie abrite  l'église saint Genies et plusieurs hôtels particuliers remarquable :.

Puits du XVIIIème siècle dans la cour au n° 20.

En 1452, l’église saint Geniès, dite aussi saint Genêt, était attenante à l’Hôpital du même nom. Elle fut réaménagée en 1627 par les Péru père et fils, puis rebâtie avec un riche décor par Jean-Baptiste Franque en 1737. Durant la Révolution, elle devint le siège de la Société Populaire,  en 1801 la Bourse puis la Chambre de Commerce, en 1888 un Musée Industriel… une succession de boutiques acheva de défigurer sa façade nord qui, dernier avatar, a été reconstituée en bois tandis que l’intérieur était transformé en théâtre. Sa  façade sud se situe rue de la Bonneterie

N° 33 : maison de Pierre Bondon, né en 1716 et mort en 1781 à Avignon. Il travailla aux sculptures de la chapelle des Pénitents noirs,  à l'hôtel  Villeneuve-Martignan (musée Calvet), aux boucheries de la rue du Vieux-Sextier. Il fut l'architecte, entre autres, de l'hôtel de Gilles de Ribas en 1757 et de Gleyze de Crivelli.

N° 35 - Hôtel Raoulz. Jean Paul Raoulz, marchant, acheta en 1692 deux maisons mitoyennes qu'il fit abattre pour construire par Jean Peru un hôtel imposant (impossible à photographier dans son intégralité) Une tête de Minerve casquée décore le  balcon ainsi que des mascarons au-dessus des portes. Le bel escalier comporte des pilastres de pierre reliés par du fer forgé.

N° 44 -  Hôtel de Cambis de la Falesche – Cambis d’Orsan – Du Plessis de Pouzilhac. Edifié au XVII et XVIIIème siècles, avec un grand portail, une cour, un portique sur deux colonnes ioniques.

N° 40 - Maison Ricci. Guillaume Ricci, docteur en droit, était membre du Conseil de ville, viguier, primicier de l’Université, ambassadeur d’Avignon à Rome. En 1500 il fonda le Collège de la Croix. La propriété fut morcelée au XVIIème siècle : une partie fut achetée pour construire l’Hôtel de Cambis, une autre par Joseph de Fogasses de la Barthelasse. L’Hôtel principal fut vendu en 1768 à Catherine Guitrandy qui fit calader la cour en une mosaïque colorée avec rosace et palmes. En 1838, il passa par mariage aux Sarrazin de Chambonnet.

Ses vestiges gothiques, son escalier monumental avec une rampe en fer forgé (actuellement au musée Calvet) et une salle avec plafond à poutres et cheminée décorée d’Hercule et l’hydre de Lerne... tout a disparu quand le bâtiment a été transformé avec une façade typiquement Art Déco . On peut apercevoir cependant, dans la superette qui occupe le rez de chaussée, des mascarons et une fontaine et des arcades.

N°50-52 – Hôtel de Puget de Chastueil ou de Felix.  Rénové en 1695 par Joseph Louis de Puget, marquis de Chastueil et seigneur de Maillane, sur des plans de Jean Peru. « Le vestibule se trouvait assez vaste pour permettre aux carrosses d’atteindre un escalier grandiose dont la rampe en fer forgé était une des plus belles d’Avignon » écrit Joseph Girard. Tout a disparu avec les commerces installés au rez de chaussée, le jardin a été remplacé par un immeuble.

Au-dessus de la fenêtre centrale du premier étage se trouve le blason de la famille Puget, une vache avec une étoile entre les cornes, entre deux chiens dont la sculpture est restée inachevée.

< Place Bonnard                                                                                                              Rue de la Bouquerie >

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