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Rue du Four de la Terre 

Notre-Dame-de-Bon-Rencontre

Vierge en prière

1- Rue du Four-de-la-Terre 

 

 

2 - Anciennement de la Place Pignotte à rue Bonneterie -

De la place du Portail - Peint à Ia place Pignote -

 

Le nom lui vient de la présence dans cette rue d’un four à fabriquer les poterie, ou 

  • four de terre », au XIVc siècle.

Il y avait un four de potier autrefois. 

 

Le nom de cette rue, tiré très probablement de l’existence d’un four à poterie remonte à une époque très reculée. 

 

Des actes de la seconde moitié du XVIe siècle, la rue s'appelle indifféremment du Four de la Terre, du nom d'une maison, du Four de Nabresse connu dès 1363 ou, de la livrée du Prince d‘Orange. 

Au XVIe siècle, nous trouvons plusieurs fois cette leçon: Carreria furni terre, sive de la Brosse. La Brosse nous paraît ici une corruption de Nébresse, qui était apparemment un nom propre.

 

 

5 - 6 - Au N°37, nous avons l’hôtel de Montaigu construit par la Valfenière. Il possède un bel escalier intérieur.

 

Une mention de 1373 désigne Raymond des Baux qui sera le dernier souverain de la principauté d’Orange de cette famille. Lorsqu'il meurt en 1393, il laisse deux filles. L'aînée, Marie, apportera la principauté par mariage dans la maison de Châlon. La cadette, Alix, qui avait reçu en fief la seigneurie des Baux, meurt sans postérité et ce domaine sera inclu dans celui du comte de Provence. 

 

Raymond des Baux est souvent cité en Avignon où il fait partie de la cour. En 1365, il participe au couronnement impérial de Charles IV en Arles et obtient le 6 juin, l'élection en Université du «studium générale» de la ville d‘Orange. 

 

Dix ans plus tard, le pape Urbain V lui fera un prêt de 3.000 florins d'or. On a retrouvé au N° 39 de la rue, deux portes du XIVe siècle donnant dans le vestibule ; ces vestiges d'architecture pourraient se rapporter à l'hôtel du prince d’Orange. 

 

L’Hôtel de Montaigu 

 

N° 37 : Hôtel de Montaigu. Cette superbe demeure construite en 1668 est due à l'architecte François Royers de la Valfenière, et possède le plus bel escalier d'Avignon pour le XVIIe siècle. Un hall long d'une vingtaine de mètres donne accès, au centre, à une première volée de marches. 

 

A partir du palier, deux autres volées sont plaquées le long des murs. Les rambardes à  balustres carrés, ont leurs angles couronnés par quatre énormes boules de cuivre. Le plafond de la cage d'escalier est orné de gypseries d'angle. La grande salle de l'étage donnant sur la rue a un plafond à la française avec sur le côté nord, une belle cheminée portant les armoiries des Montaigu et un bas relief représentant le chevalier romain, Marcus Curtius, se sacrifiant en se jetant dans un gouffre ouvert dans le sol du forum de Rome. La pièce d’à côté vient de retrouver quatre toiles peintes de Nicolas Mignard mettant en scène «l’enfance de Jupiter, l'enlèvement d'Europe, La pluie d'or de Danaé, Junon et Jupiter». Le premier salon donnant sur les jardins, a conservé, sous les couches de plâtre récentes, Son décor peint d'origine. Au cœur de l'hôtel, se trouve une chambre secrète De l'autre côté du jardin avait été construite une orangerie dont on a conservé la dizaine d’arcades visible dans le passage qui sépare la rue du Four de la Terre et la rue Philonarde, parallèle. 

 

Les Montaigu, révèle le manuscrit 4219, folios 29 et 30 de la bibliothèque d’Avignon, descendraient d’un «vendeur de savon de Barbentane ou de Noves qui, riche, épousa la bâtarde d'un de Denis, seigneur de Lapalun, dont le fils fut chevalier servant de l‘ordre de Malte. Le nom de Montaigu leur vient d‘une tournure de mots à l'italienne dont se servit le vice-légat du temps, la première fois qu'il vit à Avignon le Denis qui y arriva en lui disant «Benvenuto Montaguto». 

 

Cette famille fut assez fortunée pour faire élever la maison de la rue du Four-de-la-Terre. En 1660, les Montaigu logèrent les quatre secrétaires d'Etat qui se trouvaient dans la suite de Louis XIV lors de son passage dans la ville: Letellier, La Vrillière, Du Plessis-Guénégaud, Brienne. Plusieurs fois députés d’Avignon et consuls, les Montaigu furent dépossédés de leur demeure à la Révolution. Leur hôtel fut vendu comme bien d‘émigré à la suite du départ de Aimé Joseph de Montaigu qui avait laissé en Avignon son épouse Marguerite Gautier-Gérenton et leur fille Emilie. L'immeuble fut acquis par le propriétaire de moulin à Soie Jean Martin Niel, bien connu pour son action durant la Révolution. 

 

Entre les deux guerres, travaillait dans l'hôtel Gaston Bigard, (1883-1960) graveur sur métal et émailleur qui a reçu les honneurs du Benezit. 

 

L'hôtel de Montaigu appartient à la ville d‘Avignon qui y accueille l'école des Compagnons du Devoir. Au rez-de-chaussée, de nombreux chefs d'œuvre de compagnons méritent une visite. 

 

Dans cette rue habitait M. Bonnet, ancien charpentier de marine, qui enchantait les jeunes têtes lorsqu‘il racontait qu'il avait fait le tour du monde sur un bateau à voiles. Son récit devenait épique lorsqu‘il contait le passage du Cap Horn. C’est lui qui a refait la grande porte de la préfecture. Son fils, Guy Bonnet est le fameux compositeur provençal qui remporta le Grand Prix de l'Eurovision avec sa chanson «l'Eau vive». 

 

Rue Four de la Terre demeuraient M.Ferrier qui travaillait au Dépôt des locomotives ; les frères Jouveau, ébénistes ; Mme Griolet qui avait vécu aux colonies : Mme Véra Galineli, modiste ; M. Deldon, coiffeur pour dames ; M. et Mme André Martin qui créèrent la première laverie automatique d’Avignon ; M. Bohi, entrepreneur de maçonnerie : M. Galitch, l'électricien qui a posé le paratonnerre de la Vierge de Notre Dame des Doms en 1931 ; M. Marius Ménard, sapeur pompier de la ville, homme de courage qui périt au service de ses concitoyens ; M. Joseph Mourard coiffeur pour hommes ; M. Yanopoulos, tailleur. Mais dans cette rue typique de l‘Avignon d'après-guerre, travaillaient aussi les deux soeurs Parpillon, brodeuses et couturières ; un matelassier qui chantait à l'opéra : le marchand de balances Ressegaire ; un caviste ; un saleur de jambons et M.Ginoux, marchand de bonbons qui avait une voiture «canadienne», en bois. 

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