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   La famille Mataron ou Matheron est connue dès 1127 : Laugier Mataron, conseil de la ville ; en 1226, le chevalier Pierre Bertrand Matheron cité dans un acte de la commune ; Bertrand et Pons Mataron, quant à eux, figurent sur les actes de 1229 au sujet des travaux sur la Durançole car un moulin communal fonctionnait à cet endroit.

Cette famille a laissé son nom au portail, disparu depuis, et à la place qui s'étend de part et d‘autre, entre la rue Carnot et de la Carreterie. Trois loges de changeurs s'y étaient établies.

Lorsque la famille quitta Avignon pour aller près d’Aix-en-Provence, sa maison fut comprise dans la livrée du cardinal Arnaud de Pellegrue, parent du pape Clément V. 

 

En 1366, Jean de Fulhos, dit Jujon, créa une maison pour les veuves et les orphelins ; elle y restera dix ans avant d'être transférée au Pont Trouca, puis rue des Trois Faucons. 

 

Au n° 7 demeurait M. de Commin. En tant que consul, ses armoiries, celles du pape et de la ville étaient accrochées sur la façade de sa demeure. Le 20 février 1789, la foule révoltée se mit à piller les greniers à blé. Les Avignonnais vinrent arracher ses armoiries. Le duc de Crillon ramena le calme : «Il fit mettre le pain à 2 sols ; cela dura trois jours et sitôt que M. de Crillon fut parti ,le pain revint au même prix, et Mgr le vice-Iégat demanda qu'on rendit le blé qui avait été pris sous peine de punitions corporelles.»  Un homme accusé d'avoir saccagé le blason  fut condamné à faire amende honorable à l'hôtel de ville, puis le tour de la ville avec une torche de cire à la main avant d'être conduit aux galères. Une femme qui avait insulté le notable fut condamnée à la même amende, fouettée et enfermée au Bon Pasteur. 

 

Dans la maison du n°8 un crime fut commis dans la nuit du 25 germinal de l'an X. Madame Pical et sa fille furent assassinées par leurs anciennes domestiques Marguerite Assela, épouse Gras, et sa fille Catherine. Celle-ci fut condamnée à 24 ans de prison, mais la mère fut guillotinée en chemise rouge le 29 pluviose. 

 

Stéphane Mallarmé, «le fantastique professeur d'anglais et le lyrique fou», alors qu’il enseignait en ville de 1867 à 1871, habita cette même maison. Théodore Aubanel écrivit à son propos : «Stéphane Mallarmé est ici depuis quelques jours. C’est un brave coeur et une magnifique organisation de poète, mais qui se fourvoie dans des abstractions et des bizzareries inouïes... C‘est dommage... Il y a ici chez Mallarmé, Villiers de l‘Isle Adam et Catulle Mendès avec sa femme Judith, la fille de Théophile Gauthier. Ce sont tous les trois des Parnassiens et des impossibles. Leurs thèses ne sont pas du tout amusantes et leur poésie est diantrement dans les nuages ; mais Judith est une femme admirable, jeune, grande, brune, pâle, avec l'embonpoint et la nonchalance d'une femme d'Orient. Il faudrait voir cette femme-la couchée sur une peau de tigre et fumant le narghilé». 

 

Le peintre Paul Saïn naquit au n° 19.

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