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Rue du Rocher des Doms

Vierge- vierge dorée

1 - Les rues du Rocher des Doms

 

La première mention de Notre-Dame-des-Doms remonte à 1037, mais les historiens considèrent que la construction de l'église actuelle date du XII siècle et se serait étalée en trois étapes successives. D'abord, le clocher et la nef à laquelle une coupole à lanternon aurait été ajoutée plus tard à l'avant du chœur ; et en dernier, le porche au-dessus de l’entrée en façade. L'agrandissement de la cathédrale par l’ouverture de chapelles latérales au nord et la reconstruction du clocher ont été faits au cours des deux derniers siècles du Moyen âge. La vierge en plomb doré a été rajoutée en 1859,

et depuis, elle est régulièrement redorée.

 

 

En 1618, l’ensemble prit le nom de fort Saint-Martin. On en fit une poudrière qui sauta un soir d’orage en causant des dégâts considérables au Petit Palais et aux maisons voisines. 

 

Après ce désastre, seule une croix couverte fut construite sur le Rocher ainsi que des moulins à vent. Ceux-ci figurent sur le plan de référence de 1618 et sur plusieurs dessins ou peintures anciennes.

 

 

2 - Vous trouverez ici toutes les rues, ruelles, montées et escaliers qui font partie de cet oppidum avignonnais. 

 

6 - C’est en haut de ce promontoire que furent trouvées les premières traces de civilisation de la ville, le Rocher étant depuis l’Antiquité un lieu de refuge d'où l'on pouvait se mettre à l’abri des agressions du fleuve, et des ennemis en temps de guerre. 

 

Lorsqu'on consulte les documents anciens sur l’histoire d’Avignon, on constate qu'il a fallu attendre le milieu du xx siècle pour cesser de lutter contre les eaux de façon permanente.

 

Et même encore aujourd’hui, il arrive que des dispositifs de dernier recours soient mis en place pour empêcher le Rhône d’envahir la ville basse. La dernière importante et spectaculaire crue du Rhône date du 3 décembre 2003.

 

À l’époque romaine, ici, se trouvait un castrum. Au XI‘ siècle, ce château devint la maison du comte, puis celle du vicomte, puis celle de la commune. On construisit une chapelle à côté du château.

 

Sur les parois rocheuses, deux carrières de pierre pour la construction et pour la fours à chaux fonctionnaient. 

 

Puis, ce rocher devint très vite un lieu de promenade et les visiteurs étaient nombreux qui voulaient admirer la vue sur le fleuve, le fort de la ville d'en face et les montagnes provençales. 

 

Alors, dès 1754, des rampes furent installées depuis la place du Palais pour faciliter la montée vers le Rocher et en 1830. des personnes furent embauchées pour faire de ce gros caillou un jardin anglais. 

 

Le Rocher est à l‘origine de la cité. Les découvertes archéologiques ont permis d'y trouver une morphe du Chalcolithique. L‘occupation de cet oppidium naturel dominant la vallée du Rhone a été continuée jusqu'au Moyen Age. La population s'y réfugia lors de la prise du «Rocher d’Avignon»par les Sarrasins en 737 et sa sanglante reconquête. 

 

Le rocher servit ensuite a l'établissement de moulins à vent bien visibles sur le plan de 1618. En même temps, un château fort y fut établi au moins depuis le XIIe siècle. Cette forteresse fut continuée par le Fort Saint Martin qui saute le 29 août 1650. Ce fut la fin des fortifications du rocher, dont un des derniers témoignages est un morceau de mur crénelé accroché au flanc nord-ouest de la falaise au-dessus du rempart de la Ligne. Pourtant, on continua à entretenir de l'artillerie sur place. 

 

Le rocher servit aussi longtemps de carrière tant pour la construction que pour l'approvisionnement en chaux de la ville. Toute la partie surplombant l'escalier Sainte Anne fut peu à peu rognée par les fours à chaux. Plus bas, la Peyriera fut également exploitée durant la période médiévale. 

 

En 1621, il est fait mention de la chapelle Sainte Marthe, «qui est très ancienne», sous le cloître, a langle du côté de l'Orient. Le lieu de cette chapelle recouvre I'enclos sacré très ancien où la plus vieille tradition affirme la présence (Commoratam fuisse) de Ia bienheureuse Marthe.Elle se trouvait près du cloître, sur le Rocher

 

L'explosion du Fort Saint Martin 

 

Le 29 août 1650, la foudre tomba sur le fort Saint-Martin qui était au sommet du rocher des Doms et servait de poudrière. «Cela fit un tel ravage qu'il semblât que tout le monde brûlât. Quatre soldats italiens qui étaient de garde sentirent plus que les autres cet impitoyable embrasement ; car l'un d'eux fut emporté en l'air tout en feu, et la tête demeura sur place, et les trois autres furent écartelés et mis en pièces et emportés tous trois dans une barque sur le Rhône... Après, il chût sur l'église Sainte-Anne, brûla la couverture, rompit les fenêtres, cessa et brisa les vitres, emporte un prêtre, lequel était couché et le porta bien loin, lui et son lit… De plus le feu cruel passa tout ru à travers ma chambre et porta la porte de ma boutique chez M. Robé: ledit foudre cassa quantité de pots et de phioles de verre, bref, tout le monde croyait être perdu... Il n'y eut environ que deux cents personnes tuées, mais s'il fut chu de jour, il y en aurait eu beaucoup davantage» conclut le sieur des Commiers. 

 

A partir de la Révolution le Rocher des Doms va être constamment utilisé. En 1791, on y établit un cimetière pour les périodes d‘inondations. L'année suivante, une grande cérémonie s'y déroule pour la bénédiction des drapeaux républicains, et un an plus tard, ce sera l‘anniversaire de «la victoire remportée par la liberté sur la tyrannie et l'abolition de la Royauté». 

 

«Le 10 août 1793, l'an II de la République française une et indivisible on a fait dans cette ville la fête de la réunion de la République sur le Rocher des Doms. Il y avait l‘autel de la patrie, il y avait sept régiments de notre légion nationale... Il y avait les deux commissaires appelés Rouvière et Bezièrre et le représentant du peuple appelé Poultier. Il y avait la municipalité et les notables, le district, les juges de paix et le Comité de Salut public. Etant devant la Mère de la patrie, le représentant du peuple a fait un beau discours et nous a fait voir qu‘on voulait sauver le peuple et que dans quelques jours, la patrie ne serait plus en danger. Il nous a annoncé que la Convention Nationale nous avait décrété département.». 

 

Le rocher devient aussi un lieu d‘exécution. Le 24 prairial de l'an IV, on y fusille le marquis de Lestang, «âme du complot royaliste dans le Midi». A partir de l'an VIII, on y exécute les voleurs , les assassins sanctionnés par des commissnons militaires. La réaction de 1816 entraînera une dernière journée d'exécutions. 

 

Le 5 avril 1802 on a fini le cimetière de réserve sur le Rocher des Doms pour enterrer les personnes qui viennent à mourir au temps des inondations. 

 

La crise économique de 1831 entraîne pour les Avignonnais la mise en oeuvre d'ateliers de charité. L'un d‘eux est affecté au rocher des Doms, un piqueur y est payé 1 franc par jour, un ouvrier 0,80 F, un enfant de 12 à 15 ans 0,50 F, un enfant de 15 à 18 ans 0,60 F, un maçon 1,50 F. 

 

Plus au nord, on comble le trou des Masques et on transfère le cimetière au pied de la tour du Trouillas. Le télégraphe Chappe élevé vers 1830 sera abattu en 1853, et le dernier moulin à vent disparaît en 1840 en même temps que les vestiges du Fort Saint Martin. Au mois de septembre, la foudre brise la croix du rocher. Deux ans plus tard, l'escalier du Rhône est achevé, mais pour combler le trou des Masques, il faudra charrier les déblais provenant des démolitions de l'Hôtel de ville pour niveler et exhausser la plateforme. La vente du jardin des Plantes du début de Monclar à la Compagnie de Chemin de Fer en 1863 permettra d’utiliser sur le rocher les plantations qui s‘y trouvaient, La terre est fournie par la vase qui comblait les anciens fossés des remparts entre Saint Lazare et Limbert. Pour arroser le jardin, on avait au début monté des tonneaux par des charrettes. En mai 1847, il fallut transporter 83 tonneaux de 500 litres : cette débauche d'efforts fut bientôt remplacée par l'installation d'une pompe à vapeur au pied de l'escalier Sainte Anne où un puits fut creusé. Le 10 novembre 1863, le maréchal de Canrobert et son épouse plantèrent chacun un chêne en haut de la rampe des Moulins. Le trou de la Sanguine, en contrebas fut alors utilisé pour la construction d'un réservoir d'eau afin d'alimenter par gravité, l'ensemble de la Ville. Deux ans plus tard, un second réservoir est construit au milieu du jardin et habillé de rocaille. 

 

 Johannes Altonian et la garance 

 

Les embellisements du début du XXe Siècle sont faits de statues. Déjà en 1847, on avait inauguré la statue en bronze de Jean Althen qui introduisit la garance. Ce personnage a eu de rocambolesques aventures avant d'arriver en Avignon en 1756. Il lance alors la culture de la garance autour de la Ville. Clauseau installe un moulin pour traiter les racines, dans une tour des remparts et bientôt on compte trois usines en 1801, Vingt usines en 1807, quarante en 1827 et cinquante cinq en 1836, la production vauclusienne est alors de 13 000 tonnes, soit 65 % du marché français. C‘est la fortune jusqu'à ce que la chimie allemande synthétise l'aluzarine, le principe actif de la garance, ce qui amène la faillite d‘une grande partie de l'agriculture du département. La statue d‘Althen a été enlevée par les troupes allemandes pendant la dernière guerre, mais elle a été remplacée avec une forte contribution dAvignonnais originaires d‘Arménie. 

 

Par contre, les statues en pierre sont restées, celle de Félix Gras, faite par son fils Jean Pierre en 1905 ; celle de Charpentier par Paul Sain ; celle enfin de Paul Vayson. 

 

En 1931, l’ingénieur Georges Bonnet installe au centre du jardin, un cadran solaire. La «Vénus aux Hirondelles», œuvre de Charpentier, acquise par le maire Pouquery de Boisserin… avait échappé à tous les avatars au centre de son bassin. Il a fallu qu‘en l'an 2.000 Avignon soit proclamée «capitale européenne de la culture», pour que le bassin soit fortement gngnoté par la reconstruction infâme de la buvette pour que la Vénus perde l'espace qui lui permettait de déployer son charme. 

 

Le réservoir de la grotte en rocaille a été depuis longtemps désaffecté.La construction au début des années 1970 d'un nouveau réservoir au nord-ouest a permis d'agrandir les plateformes et d'y placer une table d'orientation. Le réservoir du trou de la Sanguine lui aussi désaffecté a été transformé en salle de réunion boudée par le public à cause de sa déplorable acoustique. 

 

En 1997, une association dite du Millénaire capétien a réussi à convaincre des braves gens de faire cadeau à la ville d'une statue de Jeanne d‘Arc qui se trouvait rue Bonneterie sur la façade de leur maison. Cette statue a été finalement installée en face de la cathédrale et inaugurée par le Comte de Paris. Le geste fait frémir d’indignation. Avignon n‘a jamais fait partie du royaume de France si ce n'est pendant l'épisode de la Restauration et les capétiens ne l'ont jamais gouvernée. D'autre part, cette statue est nabaude ; faite pour être vue dans une niche surélevée, elle perd toute sa prestance avec son abaissement au niveau du sol. Il est enfin regrettable que dans cette ville qui fut gouvernée par neuf papes, on soit allé chercher une héroïne nordiste pour un millénaire capétien célébré de façon ridicule dans l’Etat d’Avignon. 

 

ROCHER (Porte du ) 

 

Il s’agit d’une double ouverture creusée dans le rocher qui porte le rempart entre le Rocher des Doms et le Châtelet du Pont Saint Bénézet. Elle a été percée en 1974. 

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