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      La carreria cadrigerarorium est l'ancienne rue des Charretiers, au Moyen Age l'artère principale de la ville pour accéder au Palais des Papes, car la grande route conduisant à Avignon passait par la porte saint Lazare. En 1371 elle est déjà dite la Caretaria.

 

Elle devint Coirateria ou Curateria quand  des corroyeurs  s’y établirent, et on y transféra le marché aux cuirs qui se tenait auparavant dans la rue des Fourbisseurs et aux alentours de l’église de Notre-Dame-de-la-Principale.

 

La rue abrita le couvent des Ermites Augustins, fondé en 1260, et l’hôpital des Pèlerins, fondé à la fin du XIVème siècle. Au n° 20 se trouve toujours le clocher de l'église des Augustins élevé par le lapicide (graveur sur pierre) Jacques Laugier de 1372 à 1377. Ce clocher est devenu une véritable tour penchée car ses fondations s'affaissent depuis le tremblement de terre de 1909 dont l’épicentre se trouvait à Lambesc.

Le 13 avril 1340, se déroula un fait divers surprenant dans la rue Carreterie. Des sergents d‘armes du maréchal Béranger Cotarel  attaquèrent  l'hôtel où résidait l’ambassadeur d’Angleterre, Nicolino Fieschi, l‘enlevèrent avec son fils et leur firent passer le Rhône pour les emmener en terre française. Les protestations du pape permirent de récupérer les otages deux mois plus tard. Cotarel s‘empoisonna dans sa prison et son cadavre exposé au gibet des condamnés à mort fut ensuite jeté dans le fleuve. Les hommes de main furent  pendus aux fenêtres de l'hôtel.

   Au n° 28 se trouve l'entrée monumentale de l'ancien couvent des Carmes. La porte est surmontée d'un gable fleuronné et d'une galerie trilobée de la fin du XVème siècle. Ce fut pendant plusieurs siècles l'entrée de l‘hôtel de la Croix Blanche qui a disparu

 

Plusieurs maisons furent habitées par des protagonistes du massacre de la Glacière : Lescuyer, dont l'assassinat par des papistes entraîna la vengeance de son fils ; Claude Peytavin, major de la garde du Palais, patron de l'auberge des Trois Mulets au n° 50 ;  et  Jean-François Prévôt, menuisier-ébéniste qui, accusé de la mort de Lescuyer, sera sabré le même jour, devant l'église des Cordeliers, par les hommes de Jourdan Coupe-tête,  marchand de fourrage et de garance dans cette rue, qui lui-même finira guillotiné à Paris en 1794. 

    Au XVIIIème siècle fut créée la première compagnie de «Seringuiers» dans la ville, mais, il a fallu attendre 1822 pour avoir de vrais sapeurs-pompiers. Ils s'installèrent 116 rue Carreterie en 1896, et pendant longtemps ils sonnèrent  l'heure de midi à travers le quartier avec leurs sirènes en allant prendre l'apéritif au bar du chevet de saint Pierre.

La grande caserne se trouve maintenant à Fontcouverte.

 

La place Belle Croix fait l'angle avec la rue des Infirmières : une croix avait été élevée pour commémorer la fin du Grand Schisme. Elle fut couverte en 1596 par un maçon, Barthélemy Loyal, d'un dais de pierre d'Embrun reposant sur quatre piliers et deux côtés, un avec le Christ, l’autre avec la Vierge.  Démolie à la Révolution, replacée en 1807 elle fut finalement abattue par les pompiers lors d’une fausse manœuvre de leur grande échelle (un peu trop d'apéritif ?) La croix actuelle en fer est placée devant une grande fresque en trompe l‘œil.

C'est là que les Pénitents rouges avaient leur chapelle. Fondés en 1700 sous le titre de Notre Dame de Réconciliation, ils demandèrent en 1738 à l'architecte Thomas Lainé la réalisation de la façade, mais il ne reste pas trace de l'édifice.

Nicolas-Dominique Pamard, agrégé de médecine, acquit en 1743 une maison avec jardin pour y planter des herbes et étudier la botanique. Ce « jardin des Médecins » perdura jusqu'à la Révolution.  M. de Cayranne avait sa maison au n°183 : «Le 11 juin 1790, M. de Cayranne, vieillard de 80 ans, a été tué à sa fenêtre. Il était sourd, il n'entendit pas qu‘on lui criait de s’en ôter. Comme il était tombé abouché sur sa fenêtre, tous ceux qui passaient, lui tiraient : il reçut après sa mort plus de cinquante coups de fusil». 

La rue Carreterie fut l’une des premières où circula un service public de transport urbain : le tramway en juin 1880.

< Rue et place Carnot                                                                                                              Cour Maria Casares >

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