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Rue Philonarde 

Vierge en prière

1 - Rue Philonarde

 

Cette rue faisait partie des anciennes lices. Autrefois, elle allait jusqu’au portail Matheron. C’était dans cette rue que, dès le XIIe Siècle, on corroyait le cuir des animaux ; on l’appelait la rue de la Courreterie des Chevaux. Le marché aux chevaux avait également lieu dans cette rue.

 

La rue de la Courreterie des Chevaux, c’est-à-dire celle où on corroyait plus particulièrement les cuirs de ces animaux, s’étendait, dès le XIIe siècle, dans toute la ligne qui tient du Portail-Peint au Portail-Matheron. La partie comprise entre le Portail-Peint et la place de la Pignotte, reçut au XVIIe siècle, le nom de Philonarde, en l’honneur de l’archevêque Marius Philonardi, qui de 1629 à 1634 gouverna les États citramontains de l’Église.

 

Lorsqu’il y eut la commission d’alignement en 1843, le nouveau nom fut adopté pour l’ensemble de la rue et l’autre portion devint rue Paul-Saïn.

 

On s’est demandé quelquefois si l’on ne devrait pas orthographier Filonarde. Le Vice-Légat était Italien.

 

le génie de cette langue prescrirait cette manière d’écrire son nom. Mais comme il n’y a pas d’orthographe en fait de noms propres, le plus sûr a été de s’en rapporter aux signatures de ce gouverneur. Or, les signatures que nous en avons, de même que l’inscription qui règne autour du dôme de l’ancienne chapelle des Visitandines, dont Philonardi fut le bienfaiteur, confirment pleinement l’orthographe déjà adoptée.

 

 

 

2 - Anciennement de la rue des Teinturiers au Portail Matheron -

Aujourd’hui de la rue des Teinturiers à la place Pignotte -

 

5 - Une des dernières religieuses de ce monastère, Jeanne-Françoise Naly, s’étant oubliée à prêter le serment exigé par la loi du 9 nivôse an II, osa le rétracter dans les termes suivants, qu’elle adressa par écrit à l’administration du district d’Avignon : « Je soussignée, Jeanne-Françoise Naly, religieuse de la Grande Visitation de la ville d’Avignon, rétracte le serment que j’ai fait le 2 du mois de juin passé. 

 

Je demande pardon à Dieu et aux hommes, et je me soumets à faire telle autre réparation qu’exigeront dans tous les temps mes supérieurs ecclésiastiques, catholiques, apostoliques et romains ». 

Elle demande que cette rétractation fût transcrite sur les registres de l’administration du district, et qu’on lui donnât au moins une aussi grande publicité que celle que son serment avait eue. Cette rétractation la privait de droit des aliments résultant de sa pension ecclésiastique. Mais le Comité Révolutionnaire d’Avignon, considérant que la rétractation de serment était un délit prévu par l’article 3 de la loi du 9 nivôse, arrêta que la dame Naly serait conduite dans la 101 RUE DES PIC-PUS  maison de réclusion de cette ville, et qu’on transmettrait sa rétractation au Comité de sûreté générale de la Convention, pour être statué.

 

Le choléra fit son apparition ans la ville en 1835, puis en 1837, en 1849, en 1865 et en 1884. Mais l'année terrible fut 1854. La garnison du palais fut touchée la première, puis l’hôpital des aliénés, l'actuelle prison Sainte Anne. 

L'épidémie trouva dans le quartier de la Philonarde un terrain de choix. Tout autour, vivaient des agriculteurs pauvres et dans les demeures, les gens étaient en promiscuité étroite avec les chevaux, plus souvent avec les mulets et les porcs. Les litières des animaux, l‘absence d'écoulements sanitaires fit se propager le choléra d'une façon terrible. Le 12 juillet, l'archevêque vint visiter les maisons et le dimanche suivant, fit passer dans ces rues la procession de Notre Dame du Mont Carmel. La municipalité interdit toutes les réjouissances publiques. Deux fois par jour, la cloche du Jacquemart sonnait pour l'arrosage et le baiayœ ge devant les par-tes des maisons. Parmi les remèdes recommandés, il y avait les bains de pied à la moutarde et les infusions d‘ail. 

 

Mais ce fut tout le quartier de la Philonarde, entre les rues Teinturiers et Saint-Christophe qui fut traumatisé par les épidémies de choléra du XIXe siècle. En 1882, le choléra asiatique ravage le nord du Pays. Avignon se prépare à subir le fléau et fait des préparatifs d’hygiène tels que l‘approvisionnement des fontaines publiques en eau potable, faire Passer des eaux claires dans les sorguettes, installer des vannes pour interdire au Rhône de refluer en cas d'inondation, transporter à la campagne le dépôt de fumier établi tout le long du rempart intérieur entre la porte Limbert et la porte Saint-Michel.

 

6 - Nous avons déjà parlé de la Pyramide et de la maison du corps des taffetassiers, qui se trouvaient anciennement dans la rue de la Philonarde. Il y existe encore aujourd’hui : 

 

Le monastère des Dames du Saint-Sacrement, établi en 1814 dans les bâtiments de l’ancienne communauté des religieuses Visitandines, fondée elle-même le 9 mars 1624. 

 

 

 

La congrégation des hommes, fondé sous le vocable de Notre Dame de Conversion, à la suite d’une mission que fit, en 1734, le P. Brydayne, dans l’église de Saint-Didier. Cette congrégation fit d’abord ses exercices dans la chapelle des Dames de Sainte-Praxède, et ensuite dans l’église des Bénédictines de Saint-Martial. Ce n’est qu’en 1749 qu’elle acheta le local où s’élève son église, et cet édifice ne fut achevé qu’en 1757.

 

La communauté des Religieuses de la Conception, établie seulement depuis quelques années dans nos murs. Elle vient de faire construire, dans le style ogival, une charmante chapelle dont l’exécution fait le plus grand honneur à M. Reboul, architecte, et à M. Doutavès, entrepreneur.

 

La Carreterie Equorum était sur les lices depuis le XIVe siècle, le marché aux chevaux. Au XVIIe siècle pour rendre hommage au vice-légat Marius Philonardi qui venait de faire construire le couvent et la chapelle de la Visitation, aujourd'hui dans la rue Paul-Saïn, on lui donna son nom. 

 

 

Au début de la rue, près de la rue Thiers se trouvait au XVe siècle, l'auberge de la Truye-qui-file. 

 

A l‘angle de la rue de la Pyramide, Se trouvait au XVIIe siècle la maison des Taffetassiers dont le jardin donnait rue Bourgneuf. L‘influence de cette corporation était telle qu’on appela bientôt la maison, «le petit hôtel de ville». 

 

Au N° 68, l'établissement des Bains Pomer est fermé depuis près d'un demi-siècle. C‘est un véritable monument historique parfaitement conservé, avec ses baignoires anciennes, ses cabines en bois et ses belles céramiques d‘un autre âge. 

 

Au N° 77, la maison du Trompette était celle de Joseph Xavier Fialon, né en 1757, qui fut trompette et crieur public de la chambre apostolique. Le 16 octobre 1791, lors du fameux rassemblement des Cordeliers, il sonne de la trompette en chaire et lit l‘ordre de dispersion, en vain, Lescuier n'était pas encore mort... Son frère Pascal, avait créé en 1784 une troupe de huit musiciens jouant des instruments à vent et attachée à l'hôtel de ville. 

 

Au N° 79, en façade, datée de 1841 se trouve la statue de Notre-Dame des Vertus. 

 

Le N° 89, une façade en retrait, dont on retrouve un autre exemple au début de la rue des Lices, présente ses trois étages à la façon du XVIIIe siècle et un effort pour aérer les rues. 

 

Au N° 100, sur la façade, se trouve la statue de Notre Dame de Patience datée de 1837. 

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