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Rue & Place Théodore Aubanel

 Vierge et enfant sur la droite - Vierge aux rayons

1- Rue et place Théodore-Aubanel 

 

L‘ancienne rue Saint-Marc a disparu en grande partie avec la percée du cours Bonaparte devenu rue de la République. Il en subsiste le tronçon appelé aujourd'hui rue Théodore Aubanel. 

 

Autrefois, une hostellerie à l’enseigne de Saint-Marc donnait son nom à une des rues les plus importantes de la ville. En 1497, d’après des textes, cette rue St-Marc allait de l’hôtel de ville à Saint-Martial.  

 

Au bout et à droite de là façade du numéro 7 de la place, on lit l’ancienne appellation de la place : « plan de Saint-Didier ». C’est gravé sur le mur et encore en bon état sauf le mot « Saint » qui a disparu. Cet endroit fait comme une petite place entièrement pavée qui se termine par un porche. Cet arceau facilitait la communication entre l’église et l’habitation des chanoines. On passe dessous pour aller vers la place Saint-Didier ou la rue Prévôt.

 

 2 - De la rue Mignard à la rue de la République -

 

4 - 6 - C’est à son débouché sur la rue de la République que se trouvait l'hôtel du marquis de Calvière-Vézenobre (1693-1777), fondateur de la première loge franc-maçonne d’Avignon. Appelé par Calvet «le plus grand homme qu'ait produit sa patrie», le marquis a associé son nom à la fondation de la Comédie de la place Crillon.

 

Plus haut dans la rue, à l‘emplacement du Plan Saint Didier, se trouvait la maison de l'imprimeur Chambaud, célèbre pour sa contrefaçon du «Génie du Christianisme». 

 

Autrefois se trouvait à cet emplacement une belle maison gothique du XVe siècle qui appartint aux marquis d’Ampus-Castellane. 

 

La maison fut acquise en 1798 par Antoine Aubanel. Originaires de Haute-Provence, les fils de l’aigle blanc (Aubanéu en provençal) se sont installés dans la ville en 1744. 

 

Passés de la rue Balance à la rue Bancasse, de la rue Saint Marc à la place Saint-Pierre, cette dynastie d’imprimeurs a donné Théodore, le félibre. 

 

Né dans cette maison de la rue Saint-Marc le 26 mars 1829, c‘est ici qu'il écrivit «La Miougrano entre duberto» (la grenade entre-ouverte) avant de déménager place Saint Pierre, puisque les démolitions faites dans le centre ville au siècle dernier l'obligèrent à trouver refuge ailleurs. 

 

5 - Les imprimeurs Avignonnais du XVIIe siècle avaient comme spécialité, la contrefaçon d'ouvrages se vendant bien dont ils inondaient le marché. 

 

Protégés par les frontières pontificales, ils mettaient des noms d'origine fantaisistes, le plus souvent : Paris, Genève, Londres ou Amsterdam. Le système perdura après la Révolution. 

 

Chateaubriand raconte dans ses «Mémoires d'Outre Tombe» comment il vint chez Chambaud pour lui demander des comptes le 15 octobre 1802, «Mon cher ami, je pars lundi pour Avignon où je vais saisir, si je puis, une contrefaçon qui me ruine». 

 

Il arrive en Avignon le 31 octobre et... «Je déterrai le contrefacteur à qui j'étais inconnu. Il me vendit les quatre volumes du Génie du Christianisme au prix raisonnable de 9 francs l‘exemplaire et me fit un grand éloge de l'ouvrage et de l'auteur… Je crus avoir trouvé la pie au nid. Au bout de vingt-quatre heures, je m'ennuyai de suivre la fortune et je m'arrangeai presque pour rien avec le voleur. 

 

Le 6 novembre... Si l'on ne contrefait que les bons ouvrages, mon cher ami, je dois être content. J‘ai saisi une contrefaçon d’Atala et du Génie du Christianisme. La dernière était importante ; je me suis arrangé avec le libraire : il me paie les frais de mon voyage, me donne un certain nombre d'exemplaires de son édition qui est en quatre volumes et plus correcte que la mienne : et moi, je légitime mon bâtard et le reconnais comme une seconde édition». 

 

En fait, la contrefaçon de François Balthazar Chambaud donna lieu à une transaction en justice. Chateaubriand réclama et obtint 240 francs-or pour faire passer aux Avignonnais leurs mauvaises habitudes. 

 

6 - Au N° 1 de la rue se trouvait la maison du chanoine Arnavon qui y mourut en 1820. Etant dans cette demeure depuis 1788, le chanoine y écrivit une grande partie de son journal sur la vie des avignonnais. 

 

En face, les N° 6 et 8 sont occupés par les anciens grands magasins les Nouvelles Galeries qui furent construits en 1902 et qui ont cessé leur activité en 1982. 

 

A l’angle de la rue Prévôt, le restaurant Nani a le succès que lui vaut l‘accueil de Jean-Marc, son propriétaire. 

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