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Rue Saint-Agricol

Vierge à l’enfant - vierge en prière

1 - Rue Saint-Agricol 

 

Le début de la rue jusqu’à l’église était le lieu où l’on vendait les harengs, ce qui a valu à cette portion le nom de rue de la Harengerie. Et lorsqu’on a enlevé le nom de Passionei pour remettre l’ancien nom, l'ignorance a fait que Harengerie est devenu Arangerie. 

 

Puis Orangerie, de la Commanderie de Saint Jean de Jérusalem, Passionei, lorsque le vice-Iégat la fit élargir en 1754. Sa largeur actuelle est due aux travaux de 1857. 

 

La portion de rue qui va de la place de l’Horloge à la rue Félix Gras a autrefois porté

par erreur le nom de rue des Oranges. 

Avant cela, elle s’était également appelée rue Passionei, du nom du vice-légat* qui a beaucoup œuvré, vers1755, pour la beauté et l’alignement de cette artère. 

 

 

 

 

2 - De la place de l’Horloge à la rue Joseph Vernet - 

 

4 - 5 - Agricol serait le fils de Magne, évêque d’Avignon et vécut au VIIe siècle. Elève du monastère de Lérins, il appliquera à son diocèse d'Avignon la formule «Il vaut mieux absoudre 99 coupables que de condamner un innocent». Agricol est toujours représenté accompagné d'une cigogne. La légende rapporte qu‘une invasion de crapauds et de serpents vint infecter la ville. Les habitants implorèrent le saint qui envoya un vol de cigognes pour en débarrasser la cité. 

 

 

6 - Le tailleur Genissian Bonici, tailleur à la mode, dit Modène, sa ville d‘origine, habitait dans la rue à la fin du XVIIIe siècle. Il est enterré dans la chapelle des Tailleurs de Notre Dame des Doms. 

 

Au N° 19, la librairie Roumanille fut fondée par le félibre au XIXe siècle. La maison est établie à l'emplacement de celle de Hughes de Sade citée en 1387. Après de longues années, Louis Siaud, successeur du félibre Roumanille céda sa librairie et Avignon perdit une partie de sa mémoire. 

 

Au N° 23, l’ancien hôtel du Louvre cache la chapelle des Templiers. Elle fut construite vers 1273 sous le vocable de Notre Dame de Nazareth. L'ensemble immobilier fut acquis par le Conseil Général qui n‘en fit rien. Puis revendu, à un entrepreneur de Carpentras qui fit des travaux et ouvre la chapelle pour des manifestations culturelles. Elle est une des merveilles de l'architecture médiévale Avignonnaise, car du plus pur style gothique français. L'élancement de ses voûtes, la sobriété de sa décoration font partie de modèles d'Ile de France et elle est unique en Provence. 

 

Les Templiers furent dispersés en 1314 et remplacés en ces lieux, par des cardinaux qui y installèrent une livrée. Guillaume Bragose, Pedro de Luna y habiteront. En 1376, les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem prennent enfin possession de cette commanderie plus vaste que la leur qui devient celle de Saint Jean le Vieux et où s'installent d'autres cardinaux. 

 

Au XIXe siècle, s'installe l'hôtellerie du Pont qui devient celle du Louvre où Anselme Mathieu, autre félibre primadié fut longtemps propriétaire. 

 

C‘est lui qui fit restaurer en 1876 le niveau supérieur. Le 21 mai 1876 s'y réunit le banquet des poètes provençaux réunis pour la constitution du Félibrige. C‘était le jour de la Saint Estelle. «Il y avait là les représentants les plus éminents de tous les parlers de la langue provençale jusqu‘à Valence et à Majorque». Les statuts, lus par Frédéri Mistral, stipulent dans leur article premier : «Le Félibrige est établi pour grouper et encourager tous ceux qui, par leurs oeuvres, conservent la langue du pays d'Oc, ainsi que les savants et les artistes qui étudient et travaillent dans l'intérêt de ce pays». 

 

L‘Eglise Saint Agricol 

 

L'église Saint Agricol fut érigée en collégiale par le pape Jean XXII en 1321 et l'édifice fut alors entièrement reconstruit. La façade fut refaite en 1498 après la réfection des voûtes et ses sculptures Sont l'oeuvre de Ferrier Bernard. En 2004, la restauration de cette façade a livré un somptueux décor. Le nettoyage du mur du portail et des statues a révélé toute la magnificence de la Salutation angélique qui s'y trouve. Au sommet de l'arc, la figure de Dieu le Père, le globe à la main, émerge d'un flot de nuages. Sur le côté gauche, l'ange s‘adresse à la Vierge agenouillée à droite et surmontée de la colombe de l'Esprit Saint : au centre, un lutrin gothique reçoit un bouquet de fleurs de lys; il est posé sur un coffre gothique dont une porte s'ouvre sur le côté gauche; contenait-il les reliques de saint Agricol ? Ces statues se détachent sur un fond rouge brun constellé de gros points noirs alternants avec des quatrefeuilles blancs. Les tores et scoties des arcs sont peints de lignes enroulées noires, vertes et rouges de part et d'autre d'une série de ronds blancs chargés d‘étoiles noires. Au-dessus du portail, de part et d‘autre, deux blasons, bûchés à la Révolution, portaient les trois clés d‘Avignon comme le prouvent leurs supports à deux gerfauts. Tout au sommet de l'arc, un immense écu à l'italienne était sculpté du lion des Doni dont l‘écu chargé d’une bande à trois croissants,se trouve accroché sur le premier pilier du chœur. Cette famille dont le logis était proche, fut une grande bienfaitrice de cette église. 

 

Dans la chapelle des Ames du Purgatoire se trouve le tombeau en marbre noir de Pompée Catilina, colonel de l‘infanterie pontificale. Dans la chapelle des Pauvres Femmes, au côté de l’Evangile, se trouvent les tombeaux des Grillet et celui des Pérussis, oeuvres du XVIe siècle. Du côté de l'Epitre, Se trouve le retable des boni, sculpté par Imbert Boachon en 1525. Le portrait du donateur, Paul de boni y est représenté de profil. La chapelle de Brantes est une construction de Jean Péru du début du XVIIIe siècle. Outre les tombeaux de la famille on y voit de gracieux angelots musiciens, les statues de Jean Baptiste et d‘Elisabeth sont de Péru. La statue de la Vierge en bois peint de l‘autel serait de Coysevox. 

 

Dans le chœur, un superbe tableau de Simon de Châlons met en scène le Christ sortant du tombeau. 

 

Le parvis de Saint Agricol 

 

A la fin du XVe siècle, les chanoines de Saint Agricol décident de faire démolir des maisons pour agrandir le parvis de l‘église. Les habitants du quartier protestent avec énergie : «… Primo, si cela arrive, que Dieu préserve cette insigne et heureuse cité du désastre, ladite rue est une des plus aptes et des plus faciles à défendre dans la présente cité, et si on fait les démolitions, ce sera au péril de la ville entière. 

Secundo, sur cette place que désirent faire ces Messieurs de la Collégiale, comme elle est à la hauteur des fenêtres des maisons de la rue, on pourra voir directement à l’intérieur des maisons, dévoilant tous les secrets et l‘intimité des habitants qui seront indubitablement révélés et mis à nu par les voyageurs installés sur la place ; et il sera fort désagréable et intolérable pour les habitants qui verront surgir des scandales irrémédiables et infinis. 

Tercio, cette rue est une des plus protégées des rafales de vent qui souffle sur la cité, et si les demolitions se font, le vent y tourbillonnera plus qu’ailleurs. 

 

Quarto, cette rue est habitée par des vivants qui voisineront directement avec les morts du cimetière de l‘église. 

 

Quinto, sur cette place tant désirée par les chanoines, se réuniront gamins et jeunes gens qui feront de la musique et transformeront ce lieu de prières en lieu de spectacles ; ils jetteront des pierres sur les vitres des fenêtres, feront du bruit et incommoderont le voisinage. 

Sexto, il ne sera plus possible de dire quoi que ce soit dans les maisons, qui ne soit entendu de la place puisque quatre mètres seulement les sépareront. 

 

Septimo, tout l'aspect du quartier sera terriblement enlaidi par une percée affreuse et vulgaire». 

 

C‘est en bas du grand escalier que se déroulait chaque année, le jour de la fête du saint, le jeu de l'oie. Un mât était dressé, bien lisse, et au sommet était attachée une cage contenant deux oies. Il fallait grimper, en se frottant les mains de sable, jusqu‘au sommet, fracasser la porte de la cage pour être le vainqueur. En 1737, un concurrent malheureux se tua en tombant du mât et le jeu de l'oie fut interdit. 

 

Saint Agricol était vénéré par les Avignonnais et occasionnait des miracles. Ainsi en 1643, Raymond Vinai, orfèvre, était à l‘agonie lorsque passa sous ses fenêtres la procession annuelle : sa prière lui valut d‘être immédiatement guéri. Les Avignonnais avaient l‘habitude d'implorer le chef de saint Agricol pour avoir de la pluie. C'est ce qu‘ils firent au mois de mai 1755 en allant tremper les pieds de sa statue dans l'eau du Rhône. Mais devant l‘énorme inondation qui déferla à travers la ville le 30 novembre, ils se mirent à prier saint Agricol pour qu'il arrête ce déluge. 

 

La visite pastorale de 1692 indique que dans la sacristie se trouvent «les corps de saint Magne et de saint Agricol, le doigt de saint Barthélémy, une des dents de sainte Appollonie attachée à une partie de la machoire, des reliques des 11.000 vierges, la Sainte Epine, un os du corse saint Honoré, un de saint Pancrace et un os de saint Lictius, martyr.» 

 

Le chanoine Arnavon rapporte que le 16 juillet 1761, «M. des Antique de Salon de Provence a été inhumé dans le tombeau de la famille de Catilina à Saint Agricol, il avait été assassiné d‘un coup de fusil au bras par le chevalier de Brignon tandis qu‘ils allaient se battre à l'épée en duel, en présence de son domestique qui lui avait témoigné sa surprise au sujet du fusil. Il le suivait cependant, las enfin, il l'invita à commencer le combat. L‘autre alors, se retournant furieux, lui lâcha le coup. Il fut mal pansé à Sorgues. M. Parelli, médecin de cette ville, le fit longtemps attendre après son arrivée. Ici, il a mal été traité».

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