Musée Louis Vouland

    La rue porta longtemps le nom de saint Dominique, dû aux  Dominicains qui, arrivés en Avignon en 1224, achetèrent un terrain sur une ancienne île de graviers déposés par le fleuve, l’Estel, pour y établir leur première fondation en Provence.

 

Au XIVème siècle le séjour des papes donna lieu à d'importants travaux : le cardinal dominicain Guillaume de Peyre de Godin finança l'achèvement de l'église dans les années 1312-1336, la plus vaste de la ville avec ses neuf travées, ses dix-huit chapelles décorées de nombreux dons de la cour et des Avignonnais. Il n’en reste aujourd'hui qu'une série de sculptures sur les chapiteaux du cloître récupérés lors de la destruction définitive en 1852. Clément VI fit refaire la sacristie en 1345 et le clocher fut dressé en 1356. Un magnifique cloître jouxta l'église, dû au prieur Guillaume de Laudun en 1348.  

 

L'ensemble des Dominicains accueillit les cérémonies de la canonisation de Thomas d'Aquin en 1323, plusieurs chapitres provinciaux et généraux, le couronnement des papes Benoît XII et Clément VI. On a conservé le détail du menu de la fête que ce dernier donna aux Avignonnais : il fallut 118 bœufs,  1023 moutons, 101 veaux, 914 chèvres, 60 porcs, 69 quintaux de lard et de viande salée, 15 esturgeons, 300 loups, 1 500 chapons, 3043 poules, 7428 poulets, 1446 oies. La préparation des différents plats utilisa 12 barils de sauce cameline, autant de sauce verte, 13 de vinaigre et autant d'ail. Pour servir les 829 saumées de vin acheté à Saint-Gilles, Nîmes, Lunel, Pont-Saint-Esprit, Beaucaire et Beaune, on utilisa 375 brocs, 5500 carafes de terre, 2200 amphores de verre, 5 000 verres ; 50000 pains blancs furent distribués. 

Au dessert, on donna 50000 tartes faites avec 46856 fromages, 38980 œufs, 36100 pommes, 400 poires et 5 charges de noix. Le repas fut agrémenté d'amandes, de sucre, de clous de girofle, de safran et de gingembre, de poivre et de cannelle, de graines de Paradis. Les invités d'honneur eurent droit à des douceurs spéciales comme le Cani Diatricron, les tabulis deauratis , les zucari rosacei ou la Manus Christi, cette main du Christ particulière à la cour d’Avignon.

Conventus Ordinis Praedicatorum avisionnensis, 1663

Gravure de Charles Montigny, 1839

Démolition de l'église des Dominicains

Du couvent sortirent de prestigieux philosophes et théologiens. L’ensemble abritait le collège Notre-Dame de Pitié, réservé aux étudiants pauvres. Puis la papauté y établit l'Inquisition, qui exerça jusqu'à la Révolution. En 1791 la communauté, fort réduite, fut supprimée ; les «Fonderies de Vaucluse», spécialisées dans les «doublages pour les vaisseaux de la République » selon Joseph Girard, s’installèrent dans le couvent jusqu’en 1843. Mérimée, de passage en 1835, note que «les ouvriers de la fonderie, qui passent et repassent continuellement dans les galeries, en mutilent à plaisir les jolies sculptures ». En outre les propriétaires avaient obtenu l’autorisation de percer la rue saint André et agrandir la rue saint Dominique (actuelle Victor Hugo) à travers les bâtiments conventuels...

 

   Le 25 septembre 1839, Victor Hugo était à Avignon, accompagné de Juliette Drouet. Ils logèrent à l’Hôtel d’Europe. Arrivé par le Rhône, il compara la cité à Rome et à Athènes. Il visita le palais des Papes qu’il qualifia de : « palais, forteresse, prison » ; plus tard, il fit cependant preuve de mauvaise humeur « en émettant des réflexions blessantes sur tout ce qu’il voyait » et écrivit : « Avignon se meurt comme Rome de la même maladie que Rome avec autant de majesté que Rome».

 

Après la démolition totale de l’ensemble des Dominicains en 1852, la rue fut bordée d’hôtels particuliers avec jardins, construits et occupés par de riches industriels, à l’image des aménagements prescrits par le baron Haussmann à Paris.

 

Musée Vouland : Mathilde de Thysebaërt, épouse de Marie Xavier Arthur de Villeneuve-Esclapon, secrétaire général du département de Vaucluse, acheta en 1879 un terrain jouxtant la rue saint Dominique où elle fit construire un hôtel particulier. Ils le vendirent en 1897 à Marie Camp. A la mort de celle-ci, l'hôtel fut acquis en 1927 par l'industriel Louis Vouland. Celui-ci avait commencé sa carrière comme charcutier. Il fit fructifier ses affaires et lança la fabrication du saucisson «Mireille» qui lui permit d’acquérir une grande fortune et de collectionner de l’art décoratif des XVII et  XVIIIème siècles. En 1973 il légua ses biens à la Fondation de France pour créer le musée qui porte son nom : collections de céramiques et de vaisselle, bronzes, tapisseries, tableaux de peintres provençaux, salon chinois et un oratoire, sont aménagés de façon à donner l'impression d'être plus un invité qu'un visiteur.

< Place de l'Horloge                                                                                                                                      Rue des Infirmières >

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