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Par Liliane Septembre 2022

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Église et couvent saint Martial   2

Le musée et le jardin botanique

 

Sous l'Empire, les locaux de saint Martial sont attribués à la municipalité qui y expose tableaux, manuscrits et livres provenant des établissements religieux et des émigrés. Les collections unies à celles d'Esprit Calvet y forment le premier musée Calvet jusqu'en 1834 : géologie de la région, pierres précieuses, coquillages, coraux, animaux naturalisés, herbier remarquable... Prosper Mérimée, secrétaire d'Etat à la culture, y fait une visite.  

Le jardin botanique est créé par Esprit Requien (1788 - 1851) célèbre botaniste, paléontologue et naturaliste, qui s’oppose fermement, avec l’aide de son ami Mérimée, à la destruction des remparts d’Avignon voulue par le maire de l’époque, et par chance, avec succès. Beaucoup plus vaste que l’actuel square Perdiguier, le jardin rassemble magnolias, néfliers, arbres de Judée, cognassiers du Japon, cèdres du Liban... et fait l’admiration de tous.

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Charles Emile Callande de Champmartin - Portrait d'Esprit Requien en 1846

Les écoles

 

Les locaux désertés lors du déménagement du musée Calvet sont attribués en 1835 à l'École Normale d'Instituteurs. Malheureusement, le percement du Cours Bonaparte (aujourd'hui Cours Jean Jaurès) en 1855 détruit une partie des bâtiments de l'ancien couvent et mutile le Jardin botanique.

En 1866, Jean-Henri Fabre est nommé conservateur du musée d'Histoire naturelle, (futur musée Requien) dans les locaux de l’actuel Office du Tourisme dont la façade est refaite dans le style de Mignard, par la municipalité d’Avignon. Il y restera de 1866 à 1873.  Il donne des cours publics de chimie et de botanique devant un public populaire aussi bien que cultivé – Roumanille, John Stuart Mill – qui ont beaucoup de succès. Il y reçoit Pasteur et Victor Duruy (1811-1894), fils d'ouvrier devenu normalien et inspecteur de l'enseignement, qui partage avec lui l’espoir d'une instruction accessible aux plus démunis.

 

Devenu ministre de l'Instruction publique, Duruy remet à Jean Henri Fabre la Légion d'honneur et le présente à Napoléon III. Cependant la démocratisation de l’enseignement provoque une cabale des conservateurs, et Fabre est accusé de pervertir la jeunesse pour avoir expliqué la fécondation des fleurs aux jeunes filles ; il démissionne en 1870.

Stéphane Mallarmé donne également des cours municipaux à Saint-Martial « à l'usage des jeunes personnes » jusqu'en mai 1871.

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 Jean Henri Fabre à 30 ans

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Victor Duruy

Le temple saint Martial

Le protestantisme fut longtemps réprimé dans la cité papale.  Grâce à la liberté de culte inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, une communauté protestante s'installe à l’hôtel de Sade, rue Dorée, en 1830. Puis, au départ de l’École Normale, l’église saint Martial est affectée en 1881 au culte réformé et classée au titre des monuments historiques en 1911.

 

Actuellement, le Temple n'occupe que l'abside et les deux premières travées de la nef. La partie sud du transept a disparu. Du cloître il ne reste que quelques arches dans le square Perdiguier, faute d’avoir été sauvegardé. La troisième travée est annexée au vestibule d'entrée, la quatrième et la moitié de la suivante, divisées dans le sens de la hauteur sont aménagées en salles à vocations diverses.

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En rouge : Vestibule et salle du culte

En bleu : Vestiges du collatéral et des chapelles

En jaune : dépendances et salles de réunion de l'église protestante

En hachuré : Office de Tourisme

L'orgue

Il a été reconstruit en 1986 par Pascal Quoirin dans le style français du XVIIIe siècle : trois claviers et un pédalier 27 jeux. Les buffets sans décor sont en chêne et en châtaigner. L’orgue de saint Martial permet, au delà de la musique classique, l'interprétation de répertoires contemporain, et avec voix et instruments, d’autant que l’acoustique, en raison de la nef tronquée, est particulière : l’orgue « parle fort ».

La chaire de bois sculpté du début du XVIIème siècle vient de l’église sainte Madeleine via  l’église saint Pierre. Sur trois de ses cinq pans sont représentés des apôtres.

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TEMPLE SAINT MARTIAL - 2 rue Jean-Henri Fabre

 Tous nos remerciements à M. Marc Pairet pour son accueil lors des Journées du Patrimoine.

 

Bibliographie

Marc Pairet : https://amelier.blog4ever.com/le-temple-saint-martial-d-avignon-1

Claude-France Rochat-Hollard - Les Protestants d'Avignon

https://structurae.net/fr/ouvrages/temple-saint-martial

JBM Joudou – Avignon, son histoire ses papes(1842)

Joseph Girard – Évocation du vieil Avignon (1958)

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