Par Liliane, Mai 2019

Patrimoine antique - I

    Au cours de sa longue histoire, Avignon fut aussi une ville romaine, mais les bâtiments de cette époque ont été dépecés, leurs éléments réemployés et leurs vestiges se cachent le plus souvent sous les pavés actuels.

 

Occupé dès l’époque néolithique (8000 ans avant JC), le rocher des Doms fut tout d’abord le siège d’un oppidum, camp fortifié qui permettait de surveiller le trafic sur le Rhône et le site stratégique de son confluent avec la Durance. Une stèle funéraire anthropomorphe de 20 cm de haut, portant une figure humaine gravée très stylisée et une représentation solaire, datant  du chalcolithique méridional, soit – 2500 à – 1800, et désignée comme le « premier Avignonnais », a été exhumée en 1960 lors de fouilles sur le rocher des Doms.

Une première  localité, Auenionitès en grec, est fondée par les Phocéens de Massalia (Marseille), riche cité grecque, vers 539 avant J.-C. Sous son influence, on bâtit des temples dédiés à Héraclès et à Artémis d'Ephèse. Elle frappe même sa propre monnaie.

A partir du Vème siècle avant J.C, la cité est occupée par le peuple celto-ligure des Cavares, alliés des Massaliotes, qui érigent leur capitale baptisée "Aouenion", nom qui offre deux interprétations : "ville du vent violent" ou bien "seigneur du fleuve ». Les deux sont bien choisis.

Stèle grecque trouvée en 1897 dans le quartier Champfleury

(Musée Borely de Marseille)

En conflit avec ses voisins, Massalia demande l’aide de ses alliés romains alors qu’Hannibal est arrivé au nord d’Aouenion. Rome en profite pour asseoir son autorité sur la région. En 121 l’empereur Hadrien accorde à la ville le statut de colonie romaine sous le nom de "Colonia Julia Hadriana Avenniensis".

 

Aouenion devient l’Avennio gallo-romaine.

Représentation fantaisiste de la traversée

du Rhône par les éléphants d’Hannibal.

Aux Ier et IIème siècles de notre ère, la ville s'étend sur une quarantaine d’hectares et compte environ 25 000 habitants. Le chroniqueur Strabon la cite comme l'une des principales agglomérations de la région.

 

Les premiers remparts, datant du Ier siècle, suivent à peu près le tracé des rues Joseph Vernet, Henri Fabre, des Lices, Philonarde, Paul Saïn et Campane actuelles.

 

Les arcades et les vestiges du Ier siècle après JC, situés Esplanade Michel Bechet rue de la  Peyrolerie (ci-dessous) sont ceux d’un édifice dont la fonction reste inconnue : théâtre, amphithéâtre, entrepôt public ?

    La ville s’enrichit de nombreux édifices : temples, curie, arc de triomphe. Au IIIème siècle, un pont en bois édifié par Maximien Hercule, sur les fondations duquel sera construit celui de Bénezet mille ans plus tard, enjambe le Rhône.

 

Avennio est devenue un centre religieux, administratif et commercial florissant qui profite de la longue période de la pax romana. Elle jouit aussi de la proximité de la Via Agrippa.

Plaque de la "Via Avenio" au jardin Agricol Perdiguier

Avennio sur la carte itinéraire du monde romain,

dite Peutinger

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