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Petites histoires au sein de la grande Histoire...

Celle d'Avignon est riche en anecdotes, tragiques ou cocasses.

 

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Brûlons Caramentran !

          Comme pour beaucoup de fêtes, l'origine du Carnaval est païenne : le rituel romain des Lupercales. C’est la fin de l'hiver, le bonheur de voir revenir les beaux jours, la vie qui renaît.

 

Le mot carneval apparaît en 1549, de l’italien carnelevale signifiant  "enlever la viande". Le carnaval durait de l’Epiphanie, le 6 janvier, au Mardi-Gras (entre le 3 février et 9 mars). «Carême» vient de quadragésime (premier dimanche de la période de pénitence).  Les trois jours gras précédant le jeûne obligatoire du jeudi des Cendres étaient nommés carême-prenant ou carême-entrant qui, jusqu'au XIXe siècle, désignaient également cette période ; ce qui a donné Caramentran en Provence, un  personnage fait de paille et habillé de chiffons symbolisant la "mort" de l'hiver.

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Le carnaval était un moment de défoulement collectif pendant lequel tout était inversé, les valeurs, les bonnes mœurs, la hiérarchie et l'ordre, le respect pour l’Église, l'aristocratie et les gens d'armes. C’était une période de licence, de débordements et de libertés que s’accordait le peuple.

 

Le banquet  du mardi était  « gras », d’où le terme de «Mardi gras». Les jeunes gens, affublés de vieux oripeaux ou de vêtements de femmes, masqués ou barbouillés de cendres, allaient en farandole quêter des œufs, des saucisses et du vin. L’acampado dis iou, la quête des œufs, servait à confectionner le crespèu, une omelette agrémentée de saucisses.

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Le pont d'Avignon au Carnaval de Nice

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A Avignon, le mercredi avait lieu la tournée des Camisards. Les jeunes gens, portant sur leurs vêtements une longue chemise de femme, allaient de maison en maison en quêtant des victuailles qui étaient consommées le soir en commun. Ce devait être un repas  «maigre», mais si l’on trempait un gigot dans l’eau on pouvait  dire «Tout ce qui nage est poisson»… En général on consommait surtout un  l’aïoli, des oreillettes et des crêpes, symboles du soleil par leur forme et leur couleur.

 

Caramantran, bouc émissaire personnifié par un mannequin de paille habillé de vieux vêtements, était alors promené dans les rues et accusé de tous les maux, injustices et péchés. Le cortège était accompagné de musiques et de danses symboliques : les Fileuses (lei fieloua), la danse des Folies d'Espagne, les Cocos, les Chivau-frus, l'Arlequine

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La "danse espagnole" à Avignon en 1975

Puis on brûlait Caramentran ou on le faisait «péter» sur la Place du Palais, en allumant des explosifs. C’était «l’espetade», condamnant ainsi le bonhomme Hiver avec des chants d'adieu.

 

A quand le retour de Caramentran pour vaincre l’hiver et les épidémies ?

 

Anan brula lou paure Carnava, tu t'en vas e iéu m'entorne.

Adiéu paure Caranva !

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Bibliographie

 

-Jean Paul CLEBERT, Les fêtes en Provence,  Imp. Aubanel, Avignon 1982.

-roman-sf.over-blog.com/2016/05/caramentran-le-personnage-traditionnel-du-carnaval-provencal.html

-garibondy.over-blog.com/article-carnaval-caramantran-98307794.html

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