LogoACMombré.jpg

Accueil / Art & Histoire / Avignon 1944

Par Liliane & Francis, Juin et août  2021

AVIGNON 1944

Bombardements et Libération

        Les bombardements alliés sur la France ont fait près de 60 000 morts entre 1940 et 1945. A partir de 1942, les Américains bombardent de jour, les Britanniques de nuit. En 1944,  le Transportation Plan cible les gares et les nœuds ferroviaires et routiers afin de préparer les futurs débarquements de Normandie et de Provence. Les forteresses volantes de l’US Air Force et les bombardiers de la RAF, habitués à détruire les villes allemandes, sont réquisitionnés et pilonnent sans relâche, mais sans suffisamment de précision.

Abri guerre.jpg

A Avignon on avait fait creuser un peu partout des tranchées renforcées de béton ou de traverses de chemin de fer, les particuliers avaient construits des abris dans les jardins ou les caves, mais la ville était restée épargnée par les bombardements Malgré la présence permanente des occupants, certains cheminots résistaient du mieux qu'ils pouvaient.

Abri personnel en béton

Soudain, tout bascule.

 

Le 27 mai 1944, en quarante cinq minutes, 108 avions dont 80 bombardiers partis d’Italie déversent 350 tonnes de bombes d'une altitude de 3000 à 4000 mètres sur les  installations ferroviaires, la gare de marchandises et le viaduc sur le Rhône.

Les quartiers proches sont  pulvérisés. Le dépôt des locomotives des Rotondes est durement touché, des cheminots tués, une cinquantaine de locomotives détruites ou gravement endommagées.

 

Ce raid est le premier d'une série jusqu’au 15 août 1944 : Avignon va subir trente-sept bombardements visant les ponts, les infrastructures et les postes de commandement allemands mais la population civile en est la principale victime avec près de 600 morts, 800 blessés et des centaines de maisons détruites.

Guerre 1.jpg
Guerre 6.jpg

Le 28 mai est déclaré journée de deuil par la municipalité.

Guerre 5.jpg
Guerre 17.jpg
Guerre 10.jpg

Avignon subit de nouvelles et violentes attaques en juin, avec 2 000 bombes larguées. Le 25 juin, cent cinquante avions "LIBERATORS Consolited B.24" de la Royal Air Force s’opposent aux porte-tanks allemands devant le quartier de Courtine à Champfleury et aux Rotondes, et font une incursion sur les rues d’Annanelle et le boulevard Raspail dans le but de détruire l’hôtel Dominion qui abritait l’état-major allemand mais le manquent. Six cents immeubles sont détruits mais on ne déplore que cinq morts car les gens avaient obéi aux consignes de prudence, contrairement au précédent passage de l’armada aérienne qui avait attisé la curiosité plutôt que la peur. Le 2 août, les bombes s'abattent vers la porte Saint Michel.

Guerre 13.jpg
Guerre 23.jpg

Le viaduc du Rhône, particulièrement visé, n’est pas atteint malgré les 75 tonnes de bombes incendiaires larguées, alors que la cité Louis Gros est en grande partie détruite. La gare des marchandises est terriblement endommagée. On raconte que sous la violence des explosions, des morceaux de métal sont projetés depuis Champfleury jusqu'au quartier de la Balance.

Le 9 août, les bombardiers américains lâchent en centre ville des bombes à fragmentation qui font des ravages parmi la population. Le pont suspendu est précipité dans le Rhône par un bombardement anglais.

Guerre7.jpg
Guerre 9.jpg
Guerre 27.jpg
Guerre 8.jpg
Guerre 14.jpg

Les rotondes sont détruites. Une seule sera entièrement reconstruite après la guerre

Guerre 25.jpg

Le débarquement de Provence a lieu le 15 août 1944 et les unités américaines entament la poursuite de la 19e armée allemande qu’ils affronteront lors de la bataille de Montélimar.

 

L’espoir renaît quand le bruit court que les Alliés ont atteint Aix en Provence et que les Allemands se sont rendus, mais les bombardements continuent et la résistance s’intensifie en ville. A partir du 20 août, les occupants commencent à partir mais ils font sauter leurs munitions et détruisent tout ce qui peut servir à la reconstruction – y compris le viaduc resté intouché. Le drapeau de la France libre est levé, la population pille les locaux qui avaient servi aux Allemands et aux collaborateurs.

Rétablissement de la statue de Marianne dans le péristyle de l’Hôtel de Ville en août. Lors de la libération du territoire, les symboles de la République font leur réapparition.

En 1949, Avignon reçut la Croix de Guerre au titre de ville martyre.

 

L'Allemagne nazie capitulera le 8 mai 1945.
 

Lors de la construction de la ligne T.G.V., on trouva dans le Rhône les restes d’une barge allemande et des centaines d’obus qui nécessitèrent l'intervention des services de déminage.

Guerre 12.jpg
Guerre 28.jpg

 Le 25 vers 8h du matin, une jeep américaine pénètre dans Avignon : les habitants acclament les libérateurs : les soldats américains, les Forces Françaises Libres et les troupes françaises de l’armée B du général de Lattre de Tassigny.

La ville est délivrée sans combats, les Allemands l’ayant déjà quittée. Les Avignonnais se rassemblent sur les places de l’Horloge, du Palais et dans les rues pavoisées à cette occasion de drapeaux tricolore et alliés. Les maquisards défilent également. La joie de la libération se double d’une «épuration » sauvage contre les collaborateurs et les femmes soupçonnées d’avoir fréquenté les occupants.

Les troupes françaises remontent la rive gauche du Rhône en direction de Lyon, libérée le 3 septembre.

Guerre 18.jpg
Guerre 19.jpg
210825-Debarquement 1.jpg
210825-Debarquement 2.jpg
IMG-20210825-WA0003.jpg

Comme chaque année le 25 août, une exposition de véhicules anciens retrace l'arrivée des troupes de libération américaines et des Forces françaises libres.

IMG-20210825-WA0002.jpg

Tous nos remerciements à M. Michel Gromelle  pour le prêt de sa collection photographique

< 7ème génie                                                                                     Architecture >