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Rue de la Grande Fusterie 

Vierge à l’enfant - vierge rayonnante

1 - Rue de la Grande Fusterie

 

La rue porte ce nom parce qu’elle était habitée au Moyen Âge par les charpentiers ou les marchands de bois. On les appelait fustiers. Aux XII et XIII siècles, tout ce quartier était recouvert de graviers. 

 

La fusterie regroupe tous les métiers du bois dont la corporation fut réglementée dès 1246. Les charpentiers ou Fustiers, comme on les appelait en ce temps-là, y établirent d’abord leurs chantiers et bientôt après leurs habitations. Ils ne tardèrent pas à former une corporation puissante qui avait une aumône, une chapelle dans l’église de Saint-Agricol et une chapelle en tête de la Petite-Fusterie, à l’angle de la maison d’Anglesy.

 

La portion de la rue Saint-Étienne qui conduit d’une Fusterie à l’autre, s’appelait du nom de Fusterie moyenne ou médiane, comme le prouve ce passage du livre des lods du Chapitre de Saint-Agricol 1505.

 

Le massif des maisons compris entre la rue Chiron et la rue Saint-Étienne a été occupé,

dans le XIVe siècle et le XVe par un immense palais que la tradition populaire dit avoir été habité par la Reine Jeanne de Naples. Le plus grand nombre des maisons démembrées de ce palais appartenait, en 1550, à un gentilhomme nommé François de Forti.

 

 

La place de l’Oulle, le Limas, la Grande-Fusterie, la PetiteFusterie et une partie de la Calade, étaient, dans le douzième siècle et le treizième, un immense banc de gravier. 

Le lit du Rhône, qui se déplaçait vers l'ouest, envahissait souvent les rues se trouvant dans la partie basse entre le palais et le Rhône. Ce gravier permettait l’arrêt des arrivages des trains de bois de construction. qui descendaient le fleuve. Très vite, les corporations de charpentiers y installèrent d’abord des petits hangars qui étaient leurs chantiers, puis leurs habitations, jusqu’à en faire leur quartier avec leur lieu de culte dans une chapelle où se trouve aujourd’hui l’église Saint-Agricol. 

 

Ils avaient également un jeu de paume et un tir à l’arbalète, Il existait la « fusterie vieille » qui était la Petite-Fusterie et la « fusterie neuve » qui était la Grande-Fusterie.

 

 

2 - De la rue Saint-Etienne à la rue du Pont -

 

6 - Des arcades étaient là depuis l’époque romaine ; elles allaient de l’église Saint-Agricol jusqu’au bout de la rue Grande-Fusterie. Les seuls vestiges encore visibles sont au début de la rueSaint-Etienne. 

 

Les autres vestiges doivent se trouver enfouis quelque part entre la rue des Grottes et la rue Grande-Fusterie et côté numéros pairs de la rue Petite-Fusterie. Cette rue suivait l’ancien tracé de l’enceinte du XII siècle, toutes les niches comportant des statuettes sur les murs sont du côté impair de la rue. 

 

Elle était pavée, comme toutes les lices de la ville, mais ne le fut qu’en 1499. 

 

Chacun des riverains devait payer pour avoir le pavage devant sa maison ; c'est pour cette raison que le pavage intégral des rues fut si long à être exécuté. Les habitants avaient un peu de réticence à payer et la plupart du temps les chaussées étaient complètement défoncées.

 

 

Aux N°9, 19, 39 et au coin de la rue du Pont, la rue propose un petit échantillon des 170 statues se trouvant dans les niches des rues avignonnaises. 

 

De nombreuses statuettes furent enlevées à la Révolution. La plus ancienne sculpture de ce type se trouve derrière le palais des Papes.

 

Au N°9, on trouve un petit repère indiquant la hauteur d’une crue du Rhône.

 

 

Il existait dans la GrandeFusterie un jeu de Paume, tenu, en 1520, par un barbier nommé Armand Lineti, et avant lui, par un porteur, du nom de Pelegrin Tornier. Il y avait également un tir à l’arbalète, lequel, en 1519, était annexé à une hôtellerie, dite de Notre-Dame, située un peu au-dessus de la maison actuelle de M. Reynard-l’Espinasse.

 

Les fustiers étaient les ouvriers travaillant le bois. Celui-ci arrivait naguère sur le Rhône en trains flottés descendus depuis les Alpes ou le Jura par la Saône. La corporation des fustiers est une des plus anciennes de la ville, elle est déjà citée dans les textes en 1233 et en 1247, qui approuvent les «consuetudines proborum hominum de Fustaria Nova», soit les coutumes des hommes probes de la Fusterie Neuve. 

 

La Grande Fusterie va jusqu'à la porte du Rhône, elle longe les anciens grands arcs qui délimitaient le forum antique. En 1502, on démolit certains de ces arcs à côté de l'hôtellerie Nostre Domine. Une autre auberge portait en 1422, l'enseigne des Trois Rois. 

 

L’auberge la plus connue de cette rue qui en comptait plusieurs était celle de Saint-Omer, fort réputée aux XVIIe et XVIIIe siècle Le 2 mars 1650, Fabry de Chateaudun rapporte l'histoire dramatique d'un voyageur de cette auberge : «mercredi dernier on arrête au jeu de paume de M. du Flamen, Monsieur de Bois David qui s'était battu en duel à Lyon le mois d'octobre de l'année passée. Le grand prévôt de Lyon, par ordre du roi, vint demander le paréatis (extradition) à Monseigneur le Vice-Légat qui le lui accorda parce que ce jeune homme ne s'était pas mis sous sa protection. On le mit hier dans un bateau pour le mener à Lyon où il sera pendu dans quatre jours. Je le vis mener, il me fit compassion : c‘est un jeune homme de 28 ans, fort bienfait, et d’une conversation très douce et très agréable. Il était logé chez Saint Omer et tous les gens de ce quartier-là pleuraient hier à chaudes larmes la destinée de ce malheureux gentilhomme». 

 

Aux N°s 8-10, le collège technique Saint-Vincent-de-Paul est installé dans l'ancien hôtel de Tertulle dont la façade du XVe siècle a encore ses fenêtres à meneaux. A l‘intérieur, la chapelle du siècle dernier est une réalisation néo-gothique de l‘abbé Pougnet qui a beaucoup oeuvré dans la région. 

 

Le N° 16 est l'ancien hôtel de Reynard-Lespinasse du XVIIIe. 

 

Au N° 29, la belle façade du XIVe siècle de l'ancienne auberge du Chapeau Rouge, est décorée dans sa partie supérieure d'une rangée d'arcs trilobés. La façade a été remaniée au XVIIIe. L'ancienne couleur rouge est encore visible sur le mur. 

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