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Rue Victor Hugo 

Vierge à l’enfant 

1 - Rue Victor-Hugo 

 

Cette appellation est récente puisque cette rue était encore la rue Saint-Dominique en 1913. C’est à saint Dominique que l’on attribue la construction en 1220 du couvent des Dominicains qui occupera par la suite un espace immense entre les rues d Annanelle, Victor-Hugo et Saint-André. Saint Thomas d Aquin y aurait été canonisé. 

 

 

2 - De la rue  Joseph - Vernet à la rue du Rempart de l’Oulle -

 

 

4 - Le 25 septembre 1839, Victor Hugo est passé à Avignon, accompagné de Juliette Drouet. Il a couché à l’Hôtel d’Europe. Il était arrivé par le Rhône et avait trouvé la ville à son goût, la comparant à Rome, puis Athènes. Le lendemain, il a visité le palais des Papes qu’il a défini ainsi : « palais, forteresse, prison » ; plus tard, il a aussi visité la cathédrale, la place de la Comédie (Crillon), le pont Saint-Bénezet et a fait preuve de mauvaise humeur en émettant des réflexions blessantes sur tout ce qu’il voyait. 

 

 

Louis Vouland avait commencé sa carrière comme charcutier. Cet autodidacte développe sa propre affaire, et dirige bientôt la fabrication du saucisson «Mireille». Une belle fortune lui permit de collectionner d'importants  objets d'art décoratifs des XVIIe et  XVIIIe siècles. Il lègue cet ensemble à la Fondation de France et ses collections sont présentées au public depuis 1982. 

 

Comme pièce historique, le coffret de voyage, contenait le service à Thé de Madame du Barry, est fort  spectaculaire. De belles pièces d‘orfèvrerie ancienne accompagnent ce Trésor, ainsi que des chandeliers, des appliques, un superbe lustre en cristal dont l’élément central montre deux colombes. des miniatures, boîtes, cachets, objets de vitrine de Toutes sortes  forment  un premier ensemble. Une belle collection de céramique française donne un aperçu de nombreux ateliers : Nevers, Montpellier, Marseille, Rouen, une importante série de Moustiers Sainte-Marie, des porcelaines de Sèvres, mais aussi des Saxe et des Delft complètent la superbe collection. Quelques assiettes d'Iznik, des vases chinois et japonais orientalisent cette série. Parmi les meubles, des prestigieuses commodes Louis XV dont une signée de Migeon, un bonheur du jour de Topino, des enceignures Louis XVI, un adorable petit meuble de changeur ita-lien, des séries de fauteuils en excellent état aux tapisseries à petits points du XVIIIe sont mis en valeur par des Tapisseries des ateliers des Gobelins et des verdures d‘Aubusson. Consacrée a ces arts devenus majeurs du XVIIIe siècle français, la Fondation Vouland offre un des plus beaux panoramas de ce genre pour le Midi de la France.

 

 

5 - La rue est toute entière située à l'emplacement du couvent des Prêcheurs. On est ici sur les délaissés du Rhône, en-dehors des premières enceintes. La tradition veut que Saint-Dominique soit venu fonder lui-même le couvent d‘Avignon. C'était le plus grand de la ville et il fut choisi par les premiers papes comme résidence pour Clément V, comme lieu de couronnement pour Benoit XII et Clément VI. On a conservé le détail du menu de la fête que ce dernier donna aux Avignonnais : 118 boeufs, 1 023 moutons, 101 veaux, 914 chèvres, 60 porcs, 69 quintaux de lard et de viande salée, 15 esturgeons, 300 loups, 1 500 chapons, 3 043 poules, 7 428 poulets, 1 446 oies. La préparation des différents plats utilisa 12 barils de sauce cameline, autant de Sauce verte, 13 de vinaigre et autant d'ail. Pour servir les 829 saumées de vin acheté à Saint-Gilles, Nîmes, Lunel, Pont-Saint-Esprit, Beaucaire et Beaune, on utilise 375 brocs, 5 500 carafes de terre, 2200 amphores de verre, 5 000 verres ; 50 000 pains blancs furent distribués. 

 

Au dessert, on donna 50 000 tartes faites avec 46 856 fromages, 38 980 oeufs, 36 100 pommes, 400 poires et 5 charges de noix. Le repas fut agrémenté d'amandes, de sucre, de clous de girofle, de safran et de gingembre, de poivre et de canelle, de graines de Paradis. Les invités d'honneur eurent droit à des douceurs spéciales comme le Cani Diatricron, les tabulis deauratis , les zucari rosacei ou la Manus Christi, cette main du Christ particulière à la cour d’Avignon. 

 

Si on estime que les pains et les tartes furent fabriqués pour servir l‘ensemble des habitants de la ville, il devient possible de faire une estimation d‘une population qui devait atteindre 50 000 habitants. Ce chiffre dut encore s'accroître jusqu'à l'effrayante mortalité de la peste de 1348. Le couvent des Dominicains était alors superbe. La tradition veut que les Dominicains soient arrivés en 1219 et se Soient installés sur une île Rhône où sainte Marthe avait ressuscité un enfant noyé en traversant le fleuve pour entendre le sermon de la sainte. Cette année-là, saint Dominique bénit l'eau du puits du couvent. 

 

Son église, refaite à neuf en 1330, grâce aux libéralités du cardinal dominicain Pierre Godin, allait recevoir les sépultures de nombreux prélats et grands seigneurs. Ses neuf travées, ses dix-huit chapelles étaient décorées de nombreux dons de la cour et des Avignonnais. Il n’en reste aujourd'hui qu'une série de sculptures sur les chapiteaux du cloître récupérés lors de la destruction définitive en 1852. 

 

6 - A la Révolution, le couvent fut vendu et on y installa les «Fonderies de Vaucluse» ; l‘établissement rasa l'ensemble situé entre la rue Joseph Vernet, la rue d'Annanelle, la partie nord de la rue Victor Hugo et allait jusqu'aux remparts. L'ensemble ferma ses portes en 1843. Dans l'enclos des Frères Prêcheurs se trouvait le collège Notre-Dame de Pitié qui recevait les étudiants de l'ordre Dominicain et la chapelle des Pénitents blancs. 

 

Fondés en 1527, placés sous la protection des rois de France Charles IX et Henri III, ils portaient la robe blanche frappée du coeur de Jésus et de la couronne d‘épines. Ses statuts spécifient : «Ceux qui voudront se donner la discipline pendant la procession ne devront pas le faire avant la fin de l'office sous peine d'être privés d’assister a la procession... 

Au retour de la procession, ceux qui se seront donnés la discipline se rendront à l'infirmerie de la confrérie où le recteur donnera des ordres pour les soigner et les guérir». «Ces pénitents flagellants», dissous à la Révolution, se reconstituèrent au siècle dernier dans l'église Notre-Dame de la Principale, qui est devenue les «Pénitents blancs». 

 

 

La confrérie a définitivement cessé ses activités entre les deux guerres. Joudou écrivit «Qu‘est devenue cette chapelle si coquette, où retrouver ce plafond aux caissons dorés, cette richesse de sculpture, ces tableaux de Mignard, ce luxe d'argenterie ciselée, ce jardin mignon où se célébraient les agapes dominicales par de copieuses libations et par ce ragoût tant vanté dont le nom reste à la confrérie en mémoire de son talent culinaire …» 

 

La Fondation Louis Vouland 

 

A la fin du XIXe siècle siècle, la rue Victor-Hugo fut construite de beaux immeubles en pierre. A l’extrémité Ouest vers la porte Saint-Dominique, se Trouve ou N° 17 la Fondation Louis Vouland. 

 

Ce bel hôtel particulier était  devenu l‘habitation du président de la Chambre de Commerce d’Avignon. 

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