Aux XIVème et XVIème siècles on la nommait Place du Limas : les crues du Rhône rendaient ce quartier souvent très humide et lima signifie « endroit boueux ». Il y avait là l'un des entrepôts de matériaux de construction transportés par barges sur le fleuve. Elle devint Place de l'Oulle (qui ne devrait avoir un seul « I ») car c’était le chemin emprunté par les oléiculteurs qui se rendaient au moulin à huile - oule en provençal - du Bourguet.

 

La construction d'un nouveau théâtre par Thomas Lainée, en 1732 sur le site de l'ancien jeu de paume, lui conféra le nom de Place de la Comédie.  L'un des premiers directeurs fut Fabre d'Eglantine, auteur dramatique et compositeur de "Il pleut bergère". En 1843 elle devint Crillon pour honorer le Brave Crillon, maréchal d'Henri IV.

 

Une statue de Bénézet à genoux s’y trouvait jusqu’en 1766.

   Pompée Catilina, l'un des fondateurs des Pénitents Noirs de la Miséricorde, possédait là un Hôtel qu'il agrandit en lui adjoignant un jeu de paume.

 

Louis XIV, se rendant dans les Pyrénées pour épouser l‘infante Marie-Thérèse, s’arrêta en Avignon fin mars 1660. «Le Roy joua presque tous les jours à la paume au jeu de paume du Mail, dit un contemporain, et se désséchoit à la maison de M. Casal qu'on avait ouverte».

 

Le théâtre de la Comédie servait également de salle de bal. En 1736, le nommé Jolibois réclama 40 sous d’indemnité pour remplacer sa hallebarde cassée par le public. Le célèbre comédien Talma y donna des représentations. En 1764, le viguier prétendit faire placer sur le devant de sa loge un tapis semblable à celui du vice-légat, ce qui fit scandale.

 

En 1419 Jean Cadart, le très fortuné médecin du dauphin Charles, fut envoyé en Avignon sur la recommandation du roi "son amé et féal conseiller et premier physicien". Il y épousa Jeanne de Moulins et acheta plusieurs maisons dans la rue de la Grande Fusterie, avec un jardin donnant sur la place Crillon. Les alliances successives firent passer l'ensemble aux Ancezune-Cadart, aux Crozet-Buisson, aux Autric de Vintimille, aux Boutin de Valouse, aux La Forestié, qui le vendirent en 1778 à Clément de Graveson. C‘est lui qui fit construire le bâtiment actuel terminé avant 1799, date de la vente à Catherine Alix Bongard qui aménagea alors l'hôtel d'Europe. 

 

Bien des hôtes illustres sont passés entre les murs de l'hôtel d'Europe : Victor Hugo et Juliette Drouet en 1839 ;  Massenet qui en 1894 «avait loué six pièces contiguës pour écarter les voisins importuns au cours de son travail de composition. Ces six pièces suffisaient à peine pour recueillir les brassées de fleurs que ses admirateurs et ses admiratrices lui adressaient chaque matin. Et c'est avec la complicité de leur parfum que s'acheva la rude «Novarraise».

Au n° 15 le café de la Comédie céda la place au café du Globe. Il y avait devant la façade un orme gigantesque planté en 1663, dans les branches duquel un limonadier avait fait installer au début du XIXe siècle une minuscule salle de consommation à laquelle on accédait par un petit escalier en bois. L‘arbre, d'une circonférence de 4,18 m, fut abattu en 1895. 

L'Hôtel d'Europe.

 <Place Costebelle                                                                                                   Rue de la Croix >

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