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Accueil  / Vidéos Avignon pas à pas - Bulle & Saluces                                                     Par Francis & Liliane, Novembre 2020

Avignon pas à pas...

Première promenade

Place de la Bulle et rue Saluces

Video de Francis Dupré

Vous trouverez sur cette page le texte de la video

ainsi que quelques lignes et illustrations complémentaires

pour tout savoir sur cette promenade.

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Place de la Bulle

    La place de la Bulle tient son nom d’une auberge voisine : « l’ostal de la bulla de nostre senhor la Papa », (l’auberge de la bulle de notre seigneur le pape). Une bulle pontificale est le document par lequel le pape émet un acte juridique, une décision concernant l’Eglise.

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Sceaux de bulles du pape Clément V

    La place est dominée par l’Hôtel de Blanchetti. La famille était originaire de Bologne, en Italie. C’est François de Blanchetti, seigneur de la Motte, qui fit démolir la maison qu’il avait achetée à cet emplacement pour y construire son hôtel vers 1760, en s’inspirant des hôtels sur cour dans le style parisien en vogue. La porte en bois sculpté de style Louis XV est surmontée du masque et des attributs d’Hercule : massues et peau de lion. Le terrain étant de forme irrégulière, le corps principal fut édifié sur le côté, et pour accéder à l’escalier monumental, il faut traverser la cour pavée d’une calade colorée aux armoiries de la famille, œuvre du paveur avignonnais Barrelet, qui exécuta aussi la calade de l’Hôtel Madon de Châteaublanc.
 

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Ci-dessous, état ancien d'un salon

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   On sait que pendant que son mari était pour ses affaires à Bologne, Mme de Blanchetti se trouva en désaccord avec le maçon, un certain Briat, et il fallut l’intervention de deux architectes pour résoudre le conflit. Restée dans la même famille jusqu’au XXème siècle, l’hôtel a été abandonné par ses nouveaux propriétaires,

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bien que classé Monument Historique, avant d’être restauré avec soin sous la direction de l’architecte M. Escande.

 

L’étage noble possède encore ses décors peints, et un plafond à décor doré sur fond blanc. Le deuxième étage offre alcôve, cheminées en marbre, décors en staff, moulures et corniches, bibliothèques intégrées. Dans l’escalier en pierre, les décors d’arabesques et de feuilles d’acanthe ont été réalisés par l’école d’Avignon.

 

 

 

Côté rue de la croix, une niche avec une Vierge à l’enfant, foulant le serpent, serait de 1764, oeuvre de Pierre­-Joseph Brever, un sculpteur avignonnais.

Passage couvert place de la Bulle

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Façade de l'Hôtel sur la rue Saluces

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La rue Saluces

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    Le nom de la rue vient du cardinal Amédée de Saluces, né Joannes Amadeus de Saluciis vers 1361, fils du marquis Frédéric II de Saluces, une ville du Piémont italien. (Portrait ci-dessous de Frédéric de Saluces)

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Clément VII

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Matrice en argent du  sceau de l'Université - XVe siècle.
Musée Calvet

Bachelier de l’université d’Avignon, Amédée de Saluces est déjà chanoine, archidiacre de Lyon et de Liège, abbé de Savigny, évêque de Valence et de Die, quand son oncle Clément VII  le fait cardinal : c’est donc un pseudo-cardinal nommé par un antipape. Et il a 22 ans. Belle illustration de népotisme qui ne choquait alors personne.

 

Amédée va cumuler les fonctions et les nominations, mais abandonne l’antipape Benoît XIII pour participer au concile de Pise de 1408 qui voulait récuser les deux papes en place, en les accusant de sorcellerie et d’hérésie,  pour en élire un nouveau et mettre fin au schisme. Le résultat fut l’élection d’un troisième pape… 

 

Benoît XIII, qui s’était obstiné à garder son titre et subit un siège de cinq ans enfermé dans le Palais des Papes avant de réussir à s’enfuir, avait révoqué Amédée mais ses successeurs lui redonnèrent ses titres.

 

Protecteur des arts, généreux, amateur de poésie, Amédée de Saluces possédait une riche bibliothèque de manuscrits rares et de littérature juridique. A sa mort, en 1419, il en légua une grande partie à l’université d’Avignon. En remerciement l’Université fonda une messe solennelle dans l’église du collège de saint Martial

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Concile de Pise

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La livrée de Saluces

 

     Les cardinaux d’Avignon s’établissaient dans de magnifiques palais appelés livrées. Très souvent ils expropriaient les maisons existantes ou les englobaient dans les nouveaux édifices.


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C'est derrière ces murs que se trouvait la livrée du cardinal de Saluces.

Il s’installa dans une demeure édifiée sur un site où s’était trouvée une importante structure antique, mais resté longtemps inoccupé.  Six occupants l’avaient précédé :  Guglielmo Longhi, Gaucelme de Jean, Guy de BoulognePierre d'Estaing, Gérard du Puy, Guy de Bologne de la Tour d’Auvergne de Beaufort. Celui-ci, fait cardinal en 1348, à l'âge de 19 ans, record battu, par son oncle le pape Clément VI, devint lui-même le dernier pape français, Gregoire XI, de 1370 à 1378. C’est à la mort de Gregoire XI que s’ouvre le Grand Schisme d’Occident.

 Des fouilles ont révélé des vestiges de la livrée entre les rues Saluces et sainte Catherine, ainsi que des traces d’aménagements de jardins, d’une baie gothique et d’un dallage datant du XIVème siècle.

Le  cardinal de Saluces possédait également à Villeneuve un palais contigu à la tour Philippe le Bel avec, nous dit-on, toutes ses maisons, promenades, jardins, étangs, prés et garennes. Après sa mort, la propriété passa aux Célestins qui la démantelèrent pour construire leur monastère.

La  livrée de Saluces fut démolie au cours du XVIème siècle. Au XVIIIème on reconstruisit un bâtiment, puis au XIXème une compagnie d’assurances de Marseille acheta la propriété et l’agrandit pour loger son personnel. En 1919, elle fut acquise par un industriel qui la loua à différents notables. Au début des années 80 et durant une trentaine d’années, l’immeuble devint le CELA,  Centre d’Etudes Linguistiques d’Avignon, qui accueillit dans le Jardin des Cultures d'Europe de nombreux artistes durant le festival : Jeanne Moreau, Michael Lonsdale parmi d’autres y firent des lectures.

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La maison au temps du CELA.

Entourée du plus vaste jardin privé d’Avignon, elle a été rénovée et convertie en une luxueuse maison d’hôtes.

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Le Mont de Piété

Les Archives Municipales

 

La rue Saluces abrite les Archives Municipales.

 

Fondée en 1577, la Congrégation Notre-Dame de Lorette avait pour but de venir en aide aux « pauvres honteux ». Peu après, les confrères inaugurèrent le premier mont de piété de France, à vocation caritative et pédagogique.

 

La Révolution mit fin aux monts de piété mais à Avignon l’activité reprit dès 1801, quand les administrateurs créèrent une Condition des Soies destinée à vérifier la qualité de la soie et alimenter les fonds du mont. L’invention de fibres synthétiques entraîna la fermeture des nombreuses filatures du Vaucluse. Le mont-de-piété devint crédit municipal en 1918,  avant d’être transféré place Viala pour laisser place aux Archives municipales.

 

C’est un établissement culturel et patrimonial, ouvert à tous, destiné à gérer et mettre en valeur les archives, mémoire de la cité. Il organise des expositions annuelles sur l'histoire de la ville, illustrées par des affiches sur les murs extérieurs : "Intérieurs, ateliers du quotidien" jusqu'au en mai 2021.

Et comme nous sommes à Avignon, la salle en rotonde qui abritait la Condition des Soies est devenue un théâtre.

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Exposition "Intérieurs"

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Musée de la Condition des Soies

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Théâtre "La Condition des Soies"

Bibliographie

 

Alfred Coville – La vie intellectuelle dans les domaines d’Anjou Provence de 1380 à 1435

 

Patrick de Michèle - « Avignon (Vaucluse). 16, impasse Jean-Pierre Gras » [notice archéologique],Archéologie médiévale [En ligne], 42 | 2012, mis en ligne le 05 juin 2018, consulté le 16 juin 2020. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/10754

 

Sylvestre Clap et Delphine Brihat - Du Mont de Piété au crédit Municipal

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Le plumbago de la rue Saluces

D'autres promenades sont en préparation... à bientôt !

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